2007,   Radio SBS, Noël, La surprise

2007,   Radio SBS, Noël, La surprise

On connaît bien l’histoire. Pendant la nuit les bergers gardent leurs troupeaux, à l’écart de la ville de Bethlehem. Ces hommes sans éducation, sans importance, s’épouvantent à la vue de l’ange qui leur adresse la parole : « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. »  Ces hommes simples se dépêchent et trouvent l’étable où l’enfant dort, emmailloté et posé dans une mangeoire. C’est une grande surprise. Ne sied-il pas à celui qui est Sauveur, Messie, et Seigneur, de naître plutôt dans un palais entouré de serviteurs, et de dormir sur des draps de soie. Mais non, c’est l’humilité scandaleuse de Dieu. S’étant habitué à cette histoire on oublie à quel point elle est choquante.

L’ange est envoyé ni chez le gouverneur, ni chez le grand prêtre mais chez des bergers ignorants. C’est le scandale de l’évangile. La bonne nouvelle ne serait-il pas mieux divulgué s’il était transmis à ceux qui pouvaient le proclamer officiellement par les édits. Mais non, la naissance du Christ est un secret confié aux bergers. De même la noël est redevenu le secret des chrétiens. On voit partout des sapins, des étoiles, les bûches de noël. On ne voit plus l’Enfant. Il est de nouveau mis à l’écart et caché.

Ainsi, à Melbourne un énorme arbre de noël en plastique domine le City Square. On voit à peine, dépeintes sur une muraille tout près, les scènes de l’histoire qui est à l’origine de la fête.

Le Messie se fait annoncer à de simples bergers. Il vient s’abriter, dans la nuit et dans le silence, impuissant parmi les impuissants, sans poser de questions, sans rien exiger. Librement il se confie en nos bras. Dans nos cauchemars, nos mauvais souvenirs, nos traumatismes, l’enfant divin vient s’insérer pour nous apaiser. Les bergers se recueillent devant l’enfant. Ils deviennent comme des enfants devant l’enfant, silencieux devant celui qui ne sait pas encore parler. Il nous touche au cœur.

A la noël on présente les cadeaux, choisis avec soin. En présentant un cadeau on se présente soi-même. On espère que le don sera agréable ; et si le don est bien reçu on se sent accepté. Si même beaucoup de gens ont oublié le sens de la fête de noël, ils retiennent quand même un point essentiel : c’est la fête des cadeaux. La raison en est que le Christ nouveau-né est le don de Dieu. Le prophète Isaïe le proclame, « Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné … ; on proclame son nom : ‘Merveilleux-Conseiller, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix.’ »   En nous présentant cet enfant, Dieu se donne lui-même.

La noël s’approche et le nouvel an la suit de près. On célèbre le changement de date, mais plus encore on célèbre les possibilités que donnent les douze mois à venir. La fête du nouvel an signifie tout ce qui est possible. Jésus, l’enfant nouveau-né, nous fait voir un avenir sans limites, le champ immense du cœur humain, une vue plongeante sur l’espace infini du cœur divin.

Je prie et je souhaite que cette noël sera pour vous un moment de paix et de calme dans le vacarme de la fin d’année, et que dans silence du Christ nouveau-né l’espace d’un avenir infini s’ouvre au plus profond de votre esprit.

Que la paix du Christ soit toujours avec vous.

Posted in Uncategorized | Leave a comment

2006, Radio SBS,  Noël,  Le don des dons

2006, Radio SBS,  Noël,  Le don des dons

A la noël on se réunit en famille. On se partage la bûche et on se présente des cadeaux. Les mois de travail font place aux semaines de congé. On se délasse, on se décontracte. Mais c’est peut-être aussi une saison de tristesse car le désaccord familial peut se faire voir plus ouvertement. Avec quels parents partager la joie, s’ils sont divorcés ? Les cadeaux sont-ils les témoins d’une indifférence cachée. Combien de fois les parents âgés ressentent l’impatience de leurs enfants obligés de les visiter. C’est que la joie est un don précieux et fragile. L’accord entre les familles vaut bien plus que les cadeaux.

A l’origine de la fête de noël se trouve un don. L’enfant Jésus né dans l’étable est un don, le plus grand des dons. Comme dit le prophète Isaïe «Oui ! Un enfant nous est né, un fils nous a été donné … On proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, … Prince-de-la-Paix ». La naissance de cet enfant nous rappelle que tout enfant est précieux. Le divin enfant donné à tous nous invite tous à devenir don, engagé les uns envers les autres. On se recueille devant la mangeoire, soit à l’église soit dans sa propre maison, pour en partager le silence et se libérer pendant quelques instants des problèmes journaliers et s’engager de plein cœur.

Depuis quelques années déjà on construit dans le City Square à Melbourne une représentation de l’étable. On y trouve l’Enfant, Marie et Joseph, les bergers et les animaux. On s’y réunit pour entonner les chants de noël ou tout simplement se recueillir en silence. La ville mouvementée connait ainsi un instant de paix. Cela rappelle ce qui s’est passé à Paris il y a quelques mois. Le moine bouddhiste célèbre, Thich Nhat Han, et plusieurs centaines de personnes se sont réunis près des Jardins du Luxembourg et lentement, très lentement, ils ont descendu le Boulevard St Michel jusqu’à la Cathédral de Notre Dame, pleinement recueillis, méditant chaque pas. De cette façon la ville affairée a retrouvé son cœur paisible.

L’enfant Jésus est né dans l’étable pour que ce monde en plein essor connaisse la paix qui est son origine et sa fin.

De même il y a quelques jours les membres des différentes églises – anglicane, catholique, baptiste, Uniting Church – nous avons fait le tour du centre commercial de Beaumaris, s’arrêtant à quatre reprises pour raconter l’histoire de la première noël : l’annonce faite à Marie, la naissance de Jésus, la visite des bergers, l’hommage des rois ; et nous avons chanté les chants de noël. C’était du théâtre de la rue, si on peut dire. On voulait témoigner de notre joie et de l’histoire que nous partageons et qui donne un sens à la vie. Car on a besoin de joie et de sens bien plus que de nourriture ou de santé. Nous avons célébré cet enfant qui a grandi et parlé, celui qui a parlé de Dieu, qui est la Parole de Dieu, le Verbe qui nous révèle le Dieu caché et indicible. Nous avons célébré celui qui est resté fidèle à son Dieu et à lui-même, à ses amis et aux générations futures. Il est resté fidèle même supplicié sur la croix. Parole de Dieu dès sa naissance il manifeste l’amour de Dieu pleinement sur le Golgotha. On comprend la clarté de Noël à la lumière de la croix. On se recueille donc en silence devant l’Enfant divin car devant l’amour infini tout a été dit. Il ne reste plus rien à dire.

Que cette paix soit chez vous et les vôtres cette noël et qu’elle se répande et touche tous ceux que vous aller rencontrer. Que le Nouvel An renouvelle chez vous la joie de Bethlehem. Que la paix soit avec vous.

Posted in Uncategorized | Leave a comment

2007,  Radio SBS, Pâques, l’amour sans bornes

   2007,  Radio SBS, Pâques, l’amour sans bornes      

Les chants d’amour qu’on entend sur la radio montrent à quel point l’amour tient au cœur. On veut aimer, on veut être aimé, dans tous les sens, et pour toujours. C’est le grand rêve humain. ‘Dis moi ton amour et je saurais qui tu es.’

La fête de la Pâque est une fête de l’amour. Au dernier repas avant d’être livré à sa passion, Jésus dit ses adieux à ses disciples et leur parle longuement de son amour. Il parle de son amour pour Dieu qui l’a envoyé, et pour ses disciples chez qui il fut envoyé. Il sait aimer car il se sent aimé.

Le grecque a trois mots pour designer l’amour : eros, philia et agapè. Les sens de ces mots ne se contredisent pas, mais ils sont différents. Le mot ‘eros’ signifie cet amour dont l’exemple suprême est l’amour entre homme et femme. Le mot ‘philia’ signifie l’amitié. Dans son discours Jésus se sert du mot ‘agapè’ qui signifie l’amour sans bornes, généreux, éternel, cet amour qui se sacrifie pour autrui. C’est de cet amour que Jésus vient témoigner. Et il commande à ses disciples, « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Il leur montre par la suite le sens de cet amour, car, trahi par ses disciples, arrêté par les soldats, condamné par les chefs de son peuple, et par Ponce Pilate, le gouverneur romain, abandonné il lui semble par Dieu, il reste quand même fidèle. Car l’amour est fidèle, l’amour ne trahit pas, mais se donne entièrement.

L’exemple de l’amour peut-être le plus connu de nos jours est donné par la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, mais elle n’est pas la seule. Il y a aussi la Sœur Emmanuelle qui vivait avec les pauvres dans les dépotoirs d’ordures au Caire. On connaît l’histoire de l’Abbé Pierre et les chiffonniers d’Emmaüs. Le Père Frank qui vit maintenant en Australie a partagé le sort des pauvres à Manille. Par amour pour les pauvres ces personnages saints voulaient partager leur vie et leur faire savoir qu’ils étaient aimés.

On connaît bien l’histoire de la Mère Teresa. Religieuse institutrice dans une école pour jeunes filles de familles aisées, elle a quitté le couvent pour aller dans les rues de Calcutta prendre dans ses bras les mourants abandonnés dans les ruisseaux, et les laver et les nourrir et leur donner un abri. Pas grand-chose, mais ces pauvres gens connaissaient enfin l’amour. Bien qu’ils ne se sentaient guère plus dignes que les ordures où ils vivaient, ils savaient enfin qu’ils étaient aimés.

La tradition chrétienne annonce que c’est par amour que Jésus est venu en ce monde où se trouvent le beau et le laid, la joie et la honte. Jésus était capable de vivre parmi nous parce qu’il connaissait l’amour de celui qu’il appelait ‘Père’, avec ce sentiment d’intimité et de tendresse qui existent entre un père et son enfant. C’est cet amour que nous célébrons à Pâques, cet amour qui pénètre dans les profondeurs de l’âme. Ce ne sont pas les lapins et le chocolat que nous célébrons, les œufs et les écureuils, si mignons soient-ils. La fête nous touche plus intensément. L’amour pascal nous émerveille, et nous transfigure. L’amour est une fenêtre qui s’ouvre sur les horizons immenses de l’éternité. La Mère Teresa savait aimer car elle se sentait aimé par le Christ Jésus qui est venu dans ce monde partager l’amour qui dépasse le monde et auquel nous sommes tous conviés. Que les signes de l’amour donnés ce Pâques vous embrasent le cœur. Que la paix et l’amour soient toujours avec vous.

Posted in Uncategorized | Leave a comment

2006, SBS Radio, Christmas, ‘Who are you?’

2006           SBS           Noël           Le regard de l’enfant

Un jeune couple est venu me voir récemment au sujet du baptême de leur petite fille. Leur garçon âgé de trois ans les accompagnait et me regardait avec ce regard clair des enfants. C’est comme s’il me posait la question, ‘Qui êtes vous ?’, ou bien, ‘Chez vous, de quoi est-ce qu’il s’agit?’. Le regard lumineux de l’enfant, qui s’appelait James, réclamait un retour de regard qui serait aussi clair et honnête. C’était une rencontre en silence. Cela me rappelait le poème de Victor Hugo que mon père récitait souvent. En voici quelques vers:

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux. […]
Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine.

Ce même regard est jeté par tous les enfants sur le monde et nous pose à tous la même question, « Chez vous, de quoi s’agit-il ? » La fête de noël célèbre la naissance de Jésus. De l’étable où il fut né il aurait posé la même question, « Qui êtes vous ? » « Où est votre cœur? »

André Malraux, écrivain célèbre du siècle passé, disait, « Le siècle prochain sera religieux ou il ne sera pas .» Il contemplait les athéismes de son temps, le fascisme, le nazisme, le communisme et concluait qu’ils étaient incapables de garantir l’avenir humain. On croyait à l’époque que la religion était en voie de disparition et que l’existentialisme suffirait. Mais non, le fait religieux est redevenu de première importance. Certains diraient même, cyniquement, que si ce siècle est religieux il ne sera pas, car en effet on voit les extrémistes de toutes sortes, chrétien, juif, musulman, hindou. Mais on voit aussi la rencontre de plus en plus ouverte entre les religions. Juifs, chrétiens, hindous, musulmans, bouddhistes, tous s’ouvrent l’esprit et trouvent une profondeur qu’ils ne soupçonnaient pas exister. Le dialogue entre les religions est un signe d’espoir.

C’est l’action de l’enfant Jésus qui ouvre les bras pour accueillir l’humanité entière. Les extrémistes s’imposent, mais l’enfant Jésus se propose. Il se donne. Les petits bras qui ne peuvent alors rien faire s’ouvriront par la suite pour inviter les épuisés. Il dira un jour, « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. » (Mt 11.28) Ses lèvres, qui s’apprêtent dans le berceau à recevoir le lait de Marie sa mère, s’ouvriront sur la croix pour boire le vinaigre. A Bethlehem il est le nouveau né, mais devenu adulte il s’écriera devant la foule rassemblée au temple, « Avant que Abraham existât, Je Suis. »

Le vacarme cesse quand nous nous approchons de la mangeoire. La noël est redevenu le secret des chrétiens, car le monde consommateur oublie la raison de la fête. Le père Noël promet les cadeaux mais l’enfant de Bethlehem est lui-même le don divin. Simple, accessible, silencieux, il nous attire, car la naissance de Jésus nous promet notre propre renaissance.

Mais le jour de noël peut être aussi une journée triste lorsqu’on reconnaît la dissemblance entre la paix du berceau et les disputes familiales. De tous, Jésus vient partager le sort. Lui qui est accueilli par le chant des anges à Bethlehem sera condamné à mort sur la croix à Jérusalem. Il veut être le doux seigneur de tous, des vivants et des morts, des heureux et des malheureux. Il est devenu homme pour partager la condition de tous les hommes et les inviter à participer à sa joie. Voila son offrande à l’humanité.

Quel sera votre cadeau en cette fête ? Le seul don qui compte finalement est le don de soi. Que la paix de celui qui est fils de Dieu et fils de Marie soit toujours avec vous et les vôtres.

Posted in Uncategorized | Leave a comment

2006, Radio SBS,  Pâques, La Parole

2006, Radio SBS,  Pâques, La Parole

Le Scheik Fehmi Naji el-Imam, secrétaire du ‘Conseil d’Imams’ à Melbourne et personnage très respecté, nous a dit un jour, lorsque nous prenions le thé après une ‘conversation’ où peut-être vingt personnes se sont réunies : il a dit qu’il sentait qu’  « une parole s’était passée entre nous.» De fait nous sentions tous que quelque chose de profond s’était passé, une parole qui était à la fois silence et plénitude. Pourrait-on dire que la Parole, le Verbe de Dieu, s’est fait entendre parmi tous les mots échangés ce jour-là ? On avait l’impression de s’appartenir parce qu’on s’était partagé la Parole. Nous nous appartenions, Musulmans et Chrétiens. L’appartenance était double.

Deuxième anecdote : une belle photo fut publiée récemment dans le journal diocésain catholique qui s’appelle Kairos. Elle fut prise à l’occasion de la célébration à Melbourne du quarantième anniversaire d’un document important du Deuxième Concile du Vatican sur les rapports entre l’Eglise et les religions. Cette photo montre un participant déjà âgé et une jeune musulmane vêtue en hijab. Ils s’entretiennent sur le thème de la journée. Un regard de respect et de joie anime leurs visages. Les différences d’âge et de religion sont dépassés par ce qui est à leur origine, une présence, une Parole divines. Les disputes anciennes disparaissent. Ils communient en la Parole de Dieu, et se la communiquent. Un instant éternel les tient.

La foi chrétienne proclame que Jésus, la Parole divine, qui fut exprimée de différentes façons dans les grandes religions, s’est fait chair à Bethléem et fut crucifié à Jérusalem.

Parmi tous les grands personnages spirituels lui seul fut crucifié. C’est ce que nous célébrons chaque Pâques. Il a connu la joie et la détresse humaines, il a connu le bien et le mal, le ciel et les enfers. Il est trahi et mis à mort mais ce n’est pas malgré lui. Au contraire il prévoit son sort et le choisit. Il est le Verbe fait chair et vulnérable. C’est en subissant les extrêmes qu’il deviendra ce qu’il est : la Vérité universelle. Il est la Parole adressée à l’humanité entière, aux vivants et aux morts.

On sait que la chair fait un puissant appel à la chair. A la Sainte Cène, la veille de sa passion et chaque jour à la Messe, il nous donne sa chair comme nourriture, et cela nous touche profondément. Le cœur humain est ému par son coeur totalement humain. Il fable l’Ineffable. Jésus, le Verbe fait chair, nous emmène doucement dans le silence infini. En lui la chair humaine peut atteindre le Cœur de Dieu.

Le Jeux du Commonwealth qui se sont terminés il y a quelques jours, sont comme un symbole de la Fête Pascale. A ces occasions, lorsque un athlète reçoit une médaille d’or, ses concitoyens lancent des cris de joie. L’athlète a gagné ; eux aussi ont gagné. Ils ne font qu’un. Les autres athlètes embrassent le gagnant et, pour ainsi dire, forment un seul corps avec lui. L’athlète a remporté la victoire par un grand effort et après une longue période d’entraînement, mais tous participent à la victoire. Sa joie se communique à tous les spectateurs. On danse même de joie.

Les Jeux sont comme un symbole de la victoire de Jésus qui, par la douleur de sa passion a remporté la victoire sur le péché et tout ce qui barre l’accès au bonheur infini de Dieu. Il est la Parole qui révèle Dieu en toute plénitude. La joie de Jésus est la nôtre. Sa victoire est la nôtre. Il a gagné : nous avons gagné aussi. Nous ne faisons qu’un seul corps avec lui. Avec lui qui fut élevé sur la croix, nous montons au ciel dans un jaillissement de béatitude infinie.

Que ce sentiment de victoire et de joie s’installe chez vous en permanence. Que cette paix soit avec vous cette Pâque.

 

Posted in Uncategorized | Leave a comment

2005, Radio SBS, Easter, The sign of the empty tomb 

2005, Radio SBS, Pâques, Deux Livres: The Da Vinci Code et Jesus lived in India

Le livre de Dan Brown, The Da Vinci Code a connu un succès fou. En somme ce roman propose que Jésus ne soit pas mort mais qu’il ait survécu à ses souffrances et soit parti vivre avec Marie Madeleine en France où son tombeau se trouverait quelque part et où sa descendance vivrait toujours. En somme le livre propose au lecteur un genre de tantra simpliste.

J’étais en Inde au mois de février passé à Bénarès, la ville sainte. L’étalage d’une librairie exposait le livre The Da Vinci Code et à son coté un livre de Holger Kersten, Jesus lived in India qui, par contre, propose que Jésus échappa à la mort et partit vivre en Cachemire. En somme le livre propose un bouddhisme tronqué. On a donc le choix, la France ou le Cachemire. A cela il faut ajouter le Japon car il y a quelques années un livre est paru proposant que Jésus a atteint le Japon où il est mort. La France, le Cachemire, le Japon – lequel ? Mais la tradition chrétienne enseigne que Jésus est monté au ciel qui n’est pas un autre pays. Le mot ‘ciel’ dans l’Ecriture Sainte signifie la présence divine. Le rapport entre Jésus et Dieu est complet et sans faille.

Les évangiles sont d’accord : le tombeau de Jésus est vide. Son tombeau, dès le début, devint un lieu de pèlerinage à tel point que, au deuxième siècle de notre ère, les Romains essayèrent de l’effacer en construisant sur son emplacement un temple dédié à une divinité du panthéon romain. Mais au quatrième siècle le tombeau fut dégagé par Hélène, la mère de Constantin, premier empereur chrétien.

Le tombeau est vide. Il n’y a pas d’autre lieu qui contiendrait les ossements de Jésus. Pour beaucoup de gens il est inconcevable que quelqu’un soit envoyé de Dieu et soit le Dieu-homme. Il est inconcevable que quelqu’un dépasse toutes les dimensions et entre pleinement en la présence du Dieu transcendant. C’est trop beau. Un tel bonheur n’est pas à souhaiter. Humilié, rejeté, crucifié – cela on peut l’admettre, mais ressuscité, glorifié ! Ah, ça non!

Les deux livres Le Code Da Vinci et Jésus Vécut en Inde ne perçoivent pas à quel point l’Evangile chrétien diffère du tantra et du bouddhisme classiques, si valables que soient ces points de vue.

Selon la tradition chrétienne la résurrection de Jésus signifie le renversement complet des choses : mis à mort par la cruauté des hommes il vit par la faveur de Dieu ; rejeté comme blasphémateur par les hommes il est désigné comme Christ par Dieu ; humilié pour un temps il est glorifié à toujours. Rien ne lui est étranger, ni la joie ni la souffrance, ni la vie ni la mort. Il n’est indifférent à personne; son regard est sensible à tout. Le camphre est utilisé dans les rites hindous car il brûle et dépense sa lumière sans laisser de traces. De même Jésus ne laisse pas de restes après son tourment. Il est mort complètement, mort pour tous, mort par amour pur. Voilà la bonne nouvelle que l’Eglise célèbre à cette époque. Son martyre est un geste fait par amour pour son peuple, les Juifs, et pour le genre humain entier. La pâque comporte une joie que rien ne peut enlever. Peut on supporter une telle joie ? J’espère et souhaite que cette joie jaillisse en vous cette pâque. Jésus n’est plus retenu par la mort mais dépasse toutes les limites ; son cœur est ouvert à tout le monde. Que vos cœurs se gonflent et s’ouvrent, déversant la joie au monde entier. Que la paix du Christ ressuscité se trouve chez vous et les vôtres.

Posted in Uncategorized | Leave a comment

2004, Radio ZZZ, Christmas, Jesus the refugee  

   2004   Radio ZZZ , Noel, Jésus l’exilé                            

On parle beaucoup ces jours-ci au sujet des réfugiés qui traversent l’océan indien par bateau chercher un asile en Australie. Ils viennent en grand nombre de l’Afghanistan, de l’Iran, de l’Iraq et ailleurs à tel point qu’on ne sait pas exactement quoi faire. Sont-ils légitimes ou non ?

Ces refugiés nous rappellent, à un certain point, le cas de Jésus lui-même qui a connu l’exil.

On connaît l’histoire. Hérode le Grande, roi de Judée, averti par les rois mages craint la naissance à Bethlehem du roi des juifs. Hérode, il faut le savoir, a fait assassiner sa propre femme et trois de ses fils de peur qu’ils ne lui usurpent le trône. Joseph, averti par l’ange, prend Marie et l’enfant nouveau-né et part immédiatement pendant la nuit pour l’Egypte, à travers les déserts qui séparent le Nil de la Terre Sainte. Jésus connaît donc, très jeune, la peur et l’exil. Il connaît le dépaysement et le désarroi des réfugiés. Mis en danger, il connaît la peur de la façon confuse des enfants qui pleurent sans savoir pourquoi. Lui le Verbe fait chair connaît la détresse humaine.

Mais à la différence de tous les hommes, il a choisi de venir en ce monde apeuré. Il est venu du ciel, nous dit la foi chrétienne, partager le sort des hommes. Nous célébrons donc ce noël la compassion du Fils de Dieu qui veut partager nos souffrances humaines pour nous en libérer. On ne saurait croire en un Messie qui ne connait pas la tristesse du monde.

Lorsqu’on se recueille devant la crèche construite dans toutes les églises et installée dans beaucoup de foyers chrétiens, on s’approche de l’enfant qui vient parmi nous, comme une fleur dans le désert, gage de tendresse, compatissant, qui partage notre condition humaine et nous assure le salut. Il vient parmi nous pour nous libérer de la peur et nous conduire là où se trouve notre foyer authentique, au sein du Père éternel. Il vient en cette vallée de larmes pour nous donner le bonheur qu’il manifeste en sa propre chair toute fraiche. C’est lui le jardin du paradis, la fontaine de jouvence, le lieu d’asile. Il nous fait entrevoir l’amour du Père.

Après la mort d’Hérode, donc après un séjour plus ou moins long en Egypte, Joseph ramène Marie et Jésus en Terre Sainte, mais il n’ose pas s’installer à Bethléem car Archélaos, fils d’Hérode, est maintenant roi en Judée, tyran maléfique comme son père. Joseph part loin dans le nord du pays s’installer à Nazareth, petite bourgade sans aucun intérêt à l’époque.

On peut de se demander quel accueil la sainte famille reçut en Egypte comme à Nazareth ? Car les exilés sont vulnérables. Ils ignorent les coutumes, on se méfie d’eux.

L’Australie peut se vanter à bien des égards, mais la gloire principale de notre pays est d’avoir reçu des gens de toutes les nations et de toutes les races du monde. Nous formons en général un pays harmonieux et souvent sans préjugés.

Nous fêtons à cette époque la naissance de Jésus, exilé du ciel, exilé de la Terre Sainte, exilé de Bethléem. Lorsqu’on rencontre un exilé, Jésus nous demande de le recevoir avec douceur. Il nous dira le jour du jugement : ‘J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. … Venez, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.’

Je souhaite à tous et à toutes un noël de paix et de joie.

 

Posted in Uncategorized | Leave a comment