2009, Radio SBS, Noël et athéisme

 

2009, Radio SBS, Noël et athéisme

Nous étions peut-être cinq mille personnes venues du monde entier, Bouddhistes, Musulmans, Hindous, Juifs, Chrétiens de toutes les Eglises. Nous-nous étions réunies à Melbourne pour le Parlement des Religions du Monde. Pendant six jours il y avait un sentiment de joie et de paix, je dirais même une exaltation, comme si nous participions à la naissance d’un monde nouveau. Au siècle passé on était sûr que les religions allaient disparaître face aux développements en éducation, technologie, démocratie etc. Rien du tout. Par contre André Malraux a écrit le mot célèbre ‘le vingt-et-unième siècle sera religieux ou il ne sera pas’.

Le Dalai Lama, Sri Ravi Shankar, la Sœur Joan Chittester, Hans Kung, Tariq Ramadan, le Père Laurence Freeman, sont venus avec bien d’autres personnages bien connus. Il fallait choisir entre cinq cent programmes. Parmi toutes ces religions et toutes ces personnes estimables je me demandais comment situer le Christ dont on célèbre la naissance en ces jours de noël ? Quel est le rôle du Christianisme ? Je reviendrais à ces questions.

Entre deux sessions du Parlement je suis sorti avec un ami prendre une tasse de café.  Nous avons aperçu au comptoir un homme qui commandait des boissons pour ses amis. Sur son veston on voyait les mots ‘Société athée’, ‘Atheist Society’. Je l’ai invité donc venir s’assoir avec nous quelques instants. On a causé bien amicalement pendant quelques minutes et il nous a laissé savoir que la Société athée désirait organiser une conférence en deux mille dix pour contrecarrer ce Parlement des Religions du Monde. Ensuite je lui ai demandé quel était en somme le but de la ‘Société athée’. Il a répondu très franchement que le groupe désirait détruire l’Eglise Catholique. Quelque peu surpris, j’ai demandé pourquoi. ‘Parce que l’Eglise est trop puissante’ était sa réponse. Puisqu’il fallait rejoindre le Parlement, j’ai exprimé le désir de pouvoir continuer cette conversation l’année prochaine. Je lui ai ensuite envoyé un message par internet et j’attends sa réponse.

De fait, à noël nous célébrons la naissance d’un enfant né dans une famille pauvre, mis au monde dans une étable, membre d’un peuple méprisé. Devenu adulte il déclare qu’il est venu servir, et il commande à ses disciples de faire de même. Il leur commande aussi d’aimer leurs ennemis et de bénir ces qui les haïssent.  Il présente son corps comme nourriture et son sang comme boisson. Il sera condamné et crucifié. Il est seigneur précisément parce qu’il est serviteur. De fait il est le serviteur universel, celui qui est universellement vulnérable. Telle est la proclamation chrétienne

C’est pour cela qu’on peut s’approcher de l’enfant Jésus sans peur. La clameur du monde fait place au silence du berceau, la mangeoire de paille. Ce ne sont pas le grand prêtre et le gouverneur romain qui reçoivent l’annonce du ciel. C’est aux bergers que l’ange proclame « aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur ».

Jésus Christ est né parmi les hommes pour en être le centre et le cœur. Ce qui rassemble tous les peuples et toutes les religions est un enfant. Ce n’est pas une idée ou un bien matériel qui donnera la paix au monde, mais ceux qui suivent une personne, cet enfant né à Bethlehem, crucifié à Jérusalem et ressuscité, cet être où l’on perçoit l’humanité entière aussi bien que la plénitude divine. Telle est la foi chrétienne. Telle est la raison de cette fête.

Que cette joie du ciel s’installe chez vous en cette fête. Que vous soyez vous même une bonne nouvelle. Que la paix soit avec vous et les vôtres. Amen.

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2009, Radio SBS, Pâques, Le parfum

2009, Radio SBS, Pâques, Le parfum

Six jours avant sa mort, Jésus se trouve chez Marthe et Marie et leur frère Lazare que Jésus avait ressuscité des morts quelques jours auparavant. L’évangile de Saint Jean nous raconte : Marie prend « une livre d’un parfum de nard, de grand prix, et oignit les pieds de Jésus ; et la maison s’emplit de la senteur du parfum. » La scène est belle. Judas, celui qui va trahir Jésus, proteste, mais Jésus réplique en disant que Marie devait garder ce parfum pour le jour de sa sépulture. Car en effet, Jésus, par manque de temps, ne fut pas enseveli dans le tombeau entouré de déodorants selon la coutume juive qui cherchait à masquer l’effluve de la mort.

Tous ces détails ont un sens plus profond. Jésus n’a pas besoin de fragrances parce que chez lui il n’y a rien de pourri. Il est sans péché. Il connaît la mort, mais il ne reste pas chez les morts. La foi chrétienne proclame depuis toujours que Jésus ressuscite le troisième jour, avant même que les femmes n’arrivent au tombeau pour oindre le corps de Jésus selon la coutume. Tel un parfum – cette essence exquise des fleurs – Jésus remplit le monde de sa présence. Il n’est pas enfermé ici ou là. Il déverse sa grâce sur la terre entière.

En effet, le nom de Jésus est prononcé partout dans le monde. Il n’y a pas un pays, à peine une ville où le souvenir de Jésus mort et ressuscité ne soit pas apprécié. De plus, il y a à l’heure actuelle deux milliards de chrétiens au monde, c’est-à-dire deux mille millions. Sur le front de chacun de ces deux milliards, on a versé l’eau du baptême. Il y a effectivement sur cette terre un arrosement sans arrêt des eaux baptismales, les eaux de la grâce. Le nard que Marie a versé sur les pieds de Jésus prévoit la pluie de bénédiction sur le monde jusqu’à la fin des temps.

Ce qu’on célèbre cette Paque, c’est l’espoir ! Les crises du monde actuel qui semblent s’entasser sans arrêt, pourraient bien nous faire désespérer. Le bonheur, est-il possible, ce bonheur sans fin et sans limite ? Ne finira-t-on jamais avec le mal ? L’odeur malsaine de la corruption et des scandales dont on lit de nouveaux exemples chaque jour dans les journaux, sont-ils capables d’éliminer le parfum de la bonne nouvelle. Mais non !

Les obsèques de la Sœur Emmanuelle ont eu lieu dans la Cathédrale de Notre Dame à Paris, il y a quelque mois. Le Président Sarkozy y assista. La Sœur Emmanuelle a vécu pendant de bien nombreuses années parmi les pauvres dans les champs d’ordures du Caire. On a vivement reconnu sa sainteté. La puanteur des immondices ne pouvait pas masquer l’odeur de sa sainteté. Elle nous laissait percevoir le parfum de Jésus qui emplit l’univers et rend ce monde infiniment agréable.

Prions donc que le parfum de Paques se fasse sentir chez nous ; que le parfum du nard qui emplit la maison où vécut Lazare et ses sœurs nous rende capable d’apprécier tous les parfums du monde ; que les relents malsains qui peuvent nous affliger ne masquent jamais le parfum de l’espoir. Que la joie et le parfum de cette Paque restent avec nous, tous les jours de notre vie.

 

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2008, Radio SBS,  Noel, Les cadeaux

Lunar Eclipse, Supermoon

2008, Radio SBS,  Noel, Les cadeaux

C’est l’heure des achats. On réfléchit, on se dépêche, on achète. Quel sera le don qui plaira à mon enfant, à mon mari, à ma femme. Sera-t-elle contente ? Verra-t-elle à quel point je l’apprécie, combien je l’aime, à quel point je voudrais l’aimer. Voilà peut-être quelques unes des réflexions qui auront lieu, à cette époque. Car nous sommes à l’heure des dons. On présente le cadeau, on se présente soi-même. On espère être reçu en même temps que le don est accepté. C’est la saison de l’amitié. Il se peut aussi, que la fête renforce de nouveau le manque d’accord dans la famille. C’est la saison de l’amertume aussi.

Les origines de cette fête se trouvent loin dans le passé. On pense à la fête de Saint Nicolas ou à la Sainte Catherine lorsque, dans le temps, on présentait des cadeaux aux garçons et aux fillettes. On pense aussi à la galette des rois qui contenait les pièces d’argent en souvenir des rois mages qui sont venues apporter au Christ nouveau-né de l’or, de l’encens et du myrrhe. De fait ils payaient le tribut. Ils imitaient les ambassadeurs qui chaque année apportaient au roi des rois, c’est-à-dire le roi des Perses qui furent les premiers au monde à fonder un empire – ces ambassadeurs, dis-je, lui présentaient les plus beaux produits de leur pays. De nos jours on les voit encore, ces ambassadeurs, sculptés sur les marches du grand palais de Persépolis.

Les rois mages présentent leurs dons à Jésus non pas comme s’il en avait besoin. Ils lui font hommage. Ils apportent de l’or parce qu’ils savent bien que le Nouveau-né est le roi du monde entier ; ils présentent l’encense pour adorer l’Enfant en tant que le saint de Dieu ; le myrrhe fait voir que l’Enfant sera sacrifié.

Mais c’est Marie qui donne au monde son enfant. Elle le pose dans la mangeoire pour montrer qu’il sera la nourriture des hommes. Elle sait, de façon instinctive, qu’il dira un jour ‘Prenez et mangez, car ceci est mon corps’, et ‘Prenez, buvez, car ceci est la coupe de mon sang’.

Noël est la saison des dons. Les mages paient leur tribut, Marie fait don de son enfant, Jésus se donne lui-même, sa chair et son sang. Mais finalement, et suprêmement, c’est Dieu qui fait le don. Il envoie Jésus dans le monde. L’intelligence chrétienne enseigne que Jésus est l’enfant né pour tous, l’enfant donné au monde entier. Il est le plus grand des dons. Une grâce inexprimable.

C’est parce que Dieu lui-même est don. La Trinité des Personnes, cet enseignement si beau et si surprenant, nous permet de comprendre que les Divines Personnes se donnent l’une à l’autre éternellement. Dieu est don.

En présentant nos dons à ce que nous aimons on perçoit bien faiblement la communion même de la saint Trinité, nous faisons part à l’être même de Dieu. On commence à comprendre que tout est grâce, tout est don.

Je prie donc, ce monde, votre vie même, vos chers amis, votre famille, vous seront de nouveau révélés comme une grâce, et que cette grâce vous permettra d’entrevoir la grâce divine. Que la paix soit avec vous et les vôtres.

 

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2008, Radio SBS, Pâques, « Nous sommes tous pèlerins »


2008, Radio SBS, Pâques, « Nous sommes tous pèlerins »

Au mois de juillet prochain, vingt-cinq mille jeunes catholiques arriveront à Melbourne de l’étranger. Ils viennent en pèlerinage. Ils vont se joindre à vingt-cinq mille autres jeunes de Melbourne et passeront quelques jours dans notre ville. Plusieurs d’entre eux se réuniront au Federation Square avec les jeunes des autres églises chrétiennes et des autres religions: juive, bouddhiste, musulmane, hindoue, sikh, bahaï, etc. tous accueillis par les aborigènes, les premiers à invoquer le nom divin dans ce vaste continent. Là, au centre de notre ville, cette assemblée multiculturelle et multi religieuse de jeunes s’engagera à l’œuvre de la paix. Les cinquante mille jeunes assisteront à une Messe célébrée le vendredi soir, le 11 juillet, dans le Telstra Dome et seront envoyés à Sydney.

Ces quelques jours à Melbourne sont comme les premiers pas du pèlerinage à Sydney pour la journée mondiale de la jeunesse. Le 20 juillet une demi million de jeunes se réunira à l’hippodrome de Randwick pour la Grande Messe célébrée par le Pape Benoît Seize qui fut le premier à s’inscrire comme pèlerin.

La journée mondiale de la jeunesse se passe tous les trois ou quatre ans. A Cologne en Allemagne en l’an deux mille cinq, un million et de demi de jeunes se sont réunis au Marienfeld pour célébrer la Messe ; à Rome en deux mille, l’année de jubilée, ils étaient deux millions ; à Paris trois ans plus tôt un million de jeunes se sont réunis dans le Champs de Mars pour célébrer la Masse avec Jean Paul Deux. Et ainsi de suite. C’est parce que les jeunes veulent se réunir et s’inspirer par ce qu’il y a du plus beau et du plus vrai et nous communiquer leur espoir.

Nous sommes tous pèlerins. Jeunes et vieux nous frayons notre chemin, dans la joie et dans la douleur.

A Pâques aussi nous célébrons un pèlerinage : celui de Jésus. L’évangile nous enseigne qu’il est venu du ciel nous faire part de sa bonne nouvelle. Librement il s’est fait homme pour séjourner sur la terre et partager le sort de tous les hommes. Comme juif il faisait le pèlerinage à Jérusalem chaque année pour célébrer la grande fête. Il a parcouru les chemins de Galilée pour faire savoir au peuple choisi que leur destin ne se limitait pas à ce qui est visible, mais qu’un destin, qui englobe ce monde et dépasse ce monde, les attendait, une joie que nul ne peut imaginer ou concevoir. Expulsé de Jérusalem, la ville saint, il fut élevé sur la croix. Il a continué son pèlerinage : il est descendu aux enfers pour se faire compagnon de tous les morts et les libérer de la mort. Il fut ressuscité du tombeau le troisième jour et il est monté au ciel nous chercher l’Esprit Saint de Dieu. Jésus était bien conscient de l’ampleur de son pèlerinage. Il l’a bien dit à ses apôtres juste avant d’entrer dans sa passion : la Paque est le moment où il passe de ce monde au Père.

Nous sommes tous pèlerins. Voila la bonne nouvelle de Pâques. Nous ne sommes pas ensevelis dans un moment limité de l’histoire où dans un lieu circonscrit de l’espace. Le cœur, par la grâce du Christ, est capable de s’élargir et d’accueillir le monde entier. L’esprit humain, animé par l’Esprit Saint de Dieu, s’étend de toutes part dans l’univers et atteint le ciel même.

Apres la Grande Messe à Randwick. Les jeunes pèlerins, rassemblés de toute l’Australie et du monde entier, repartiront chez eux. Quels seront les souvenirs qu’ils retiendront? Les chemins qu’ils poursuivront dans la vie seront bien différents après cette expérience remarquable.

Que cette Pâque soit pour vous aussi un moment de libération. Que l’expérience du Christ vous donne la force de faire de grands pas en avant dans votre pèlerinage de la vie. Que vous puissiez arriver là où joie et paix s’installent en définitif dans l’esprit. Que la joie du ressuscité soit toujours avec vous.

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2007,   Radio SBS, Noël, La surprise

2007,   Radio SBS, Noël, La surprise

On connaît bien l’histoire. Pendant la nuit les bergers gardent leurs troupeaux, à l’écart de la ville de Bethlehem. Ces hommes sans éducation, sans importance, s’épouvantent à la vue de l’ange qui leur adresse la parole : « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. »  Ces hommes simples se dépêchent et trouvent l’étable où l’enfant dort, emmailloté et posé dans une mangeoire. C’est une grande surprise. Ne sied-il pas à celui qui est Sauveur, Messie, et Seigneur, de naître plutôt dans un palais entouré de serviteurs, et de dormir sur des draps de soie. Mais non, c’est l’humilité scandaleuse de Dieu. S’étant habitué à cette histoire on oublie à quel point elle est choquante.

L’ange est envoyé ni chez le gouverneur, ni chez le grand prêtre mais chez des bergers ignorants. C’est le scandale de l’évangile. La bonne nouvelle ne serait-il pas mieux divulgué s’il était transmis à ceux qui pouvaient le proclamer officiellement par les édits. Mais non, la naissance du Christ est un secret confié aux bergers. De même la noël est redevenu le secret des chrétiens. On voit partout des sapins, des étoiles, les bûches de noël. On ne voit plus l’Enfant. Il est de nouveau mis à l’écart et caché.

Ainsi, à Melbourne un énorme arbre de noël en plastique domine le City Square. On voit à peine, dépeintes sur une muraille tout près, les scènes de l’histoire qui est à l’origine de la fête.

Le Messie se fait annoncer à de simples bergers. Il vient s’abriter, dans la nuit et dans le silence, impuissant parmi les impuissants, sans poser de questions, sans rien exiger. Librement il se confie en nos bras. Dans nos cauchemars, nos mauvais souvenirs, nos traumatismes, l’enfant divin vient s’insérer pour nous apaiser. Les bergers se recueillent devant l’enfant. Ils deviennent comme des enfants devant l’enfant, silencieux devant celui qui ne sait pas encore parler. Il nous touche au cœur.

A la noël on présente les cadeaux, choisis avec soin. En présentant un cadeau on se présente soi-même. On espère que le don sera agréable ; et si le don est bien reçu on se sent accepté. Si même beaucoup de gens ont oublié le sens de la fête de noël, ils retiennent quand même un point essentiel : c’est la fête des cadeaux. La raison en est que le Christ nouveau-né est le don de Dieu. Le prophète Isaïe le proclame, « Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné … ; on proclame son nom : ‘Merveilleux-Conseiller, Dieu-fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix.’ »   En nous présentant cet enfant, Dieu se donne lui-même.

La noël s’approche et le nouvel an la suit de près. On célèbre le changement de date, mais plus encore on célèbre les possibilités que donnent les douze mois à venir. La fête du nouvel an signifie tout ce qui est possible. Jésus, l’enfant nouveau-né, nous fait voir un avenir sans limites, le champ immense du cœur humain, une vue plongeante sur l’espace infini du cœur divin.

Je prie et je souhaite que cette noël sera pour vous un moment de paix et de calme dans le vacarme de la fin d’année, et que dans silence du Christ nouveau-né l’espace d’un avenir infini s’ouvre au plus profond de votre esprit.

Que la paix du Christ soit toujours avec vous.

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2006, Radio SBS,  Noël,  Le don des dons

2006, Radio SBS,  Noël,  Le don des dons

A la noël on se réunit en famille. On se partage la bûche et on se présente des cadeaux. Les mois de travail font place aux semaines de congé. On se délasse, on se décontracte. Mais c’est peut-être aussi une saison de tristesse car le désaccord familial peut se faire voir plus ouvertement. Avec quels parents partager la joie, s’ils sont divorcés ? Les cadeaux sont-ils les témoins d’une indifférence cachée. Combien de fois les parents âgés ressentent l’impatience de leurs enfants obligés de les visiter. C’est que la joie est un don précieux et fragile. L’accord entre les familles vaut bien plus que les cadeaux.

A l’origine de la fête de noël se trouve un don. L’enfant Jésus né dans l’étable est un don, le plus grand des dons. Comme dit le prophète Isaïe «Oui ! Un enfant nous est né, un fils nous a été donné … On proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, … Prince-de-la-Paix ». La naissance de cet enfant nous rappelle que tout enfant est précieux. Le divin enfant donné à tous nous invite tous à devenir don, engagé les uns envers les autres. On se recueille devant la mangeoire, soit à l’église soit dans sa propre maison, pour en partager le silence et se libérer pendant quelques instants des problèmes journaliers et s’engager de plein cœur.

Depuis quelques années déjà on construit dans le City Square à Melbourne une représentation de l’étable. On y trouve l’Enfant, Marie et Joseph, les bergers et les animaux. On s’y réunit pour entonner les chants de noël ou tout simplement se recueillir en silence. La ville mouvementée connait ainsi un instant de paix. Cela rappelle ce qui s’est passé à Paris il y a quelques mois. Le moine bouddhiste célèbre, Thich Nhat Han, et plusieurs centaines de personnes se sont réunis près des Jardins du Luxembourg et lentement, très lentement, ils ont descendu le Boulevard St Michel jusqu’à la Cathédral de Notre Dame, pleinement recueillis, méditant chaque pas. De cette façon la ville affairée a retrouvé son cœur paisible.

L’enfant Jésus est né dans l’étable pour que ce monde en plein essor connaisse la paix qui est son origine et sa fin.

De même il y a quelques jours les membres des différentes églises – anglicane, catholique, baptiste, Uniting Church – nous avons fait le tour du centre commercial de Beaumaris, s’arrêtant à quatre reprises pour raconter l’histoire de la première noël : l’annonce faite à Marie, la naissance de Jésus, la visite des bergers, l’hommage des rois ; et nous avons chanté les chants de noël. C’était du théâtre de la rue, si on peut dire. On voulait témoigner de notre joie et de l’histoire que nous partageons et qui donne un sens à la vie. Car on a besoin de joie et de sens bien plus que de nourriture ou de santé. Nous avons célébré cet enfant qui a grandi et parlé, celui qui a parlé de Dieu, qui est la Parole de Dieu, le Verbe qui nous révèle le Dieu caché et indicible. Nous avons célébré celui qui est resté fidèle à son Dieu et à lui-même, à ses amis et aux générations futures. Il est resté fidèle même supplicié sur la croix. Parole de Dieu dès sa naissance il manifeste l’amour de Dieu pleinement sur le Golgotha. On comprend la clarté de Noël à la lumière de la croix. On se recueille donc en silence devant l’Enfant divin car devant l’amour infini tout a été dit. Il ne reste plus rien à dire.

Que cette paix soit chez vous et les vôtres cette noël et qu’elle se répande et touche tous ceux que vous aller rencontrer. Que le Nouvel An renouvelle chez vous la joie de Bethlehem. Que la paix soit avec vous.

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2007,  Radio SBS, Pâques, l’amour sans bornes

   2007,  Radio SBS, Pâques, l’amour sans bornes      

Les chants d’amour qu’on entend sur la radio montrent à quel point l’amour tient au cœur. On veut aimer, on veut être aimé, dans tous les sens, et pour toujours. C’est le grand rêve humain. ‘Dis moi ton amour et je saurais qui tu es.’

La fête de la Pâque est une fête de l’amour. Au dernier repas avant d’être livré à sa passion, Jésus dit ses adieux à ses disciples et leur parle longuement de son amour. Il parle de son amour pour Dieu qui l’a envoyé, et pour ses disciples chez qui il fut envoyé. Il sait aimer car il se sent aimé.

Le grecque a trois mots pour designer l’amour : eros, philia et agapè. Les sens de ces mots ne se contredisent pas, mais ils sont différents. Le mot ‘eros’ signifie cet amour dont l’exemple suprême est l’amour entre homme et femme. Le mot ‘philia’ signifie l’amitié. Dans son discours Jésus se sert du mot ‘agapè’ qui signifie l’amour sans bornes, généreux, éternel, cet amour qui se sacrifie pour autrui. C’est de cet amour que Jésus vient témoigner. Et il commande à ses disciples, « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Il leur montre par la suite le sens de cet amour, car, trahi par ses disciples, arrêté par les soldats, condamné par les chefs de son peuple, et par Ponce Pilate, le gouverneur romain, abandonné il lui semble par Dieu, il reste quand même fidèle. Car l’amour est fidèle, l’amour ne trahit pas, mais se donne entièrement.

L’exemple de l’amour peut-être le plus connu de nos jours est donné par la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, mais elle n’est pas la seule. Il y a aussi la Sœur Emmanuelle qui vivait avec les pauvres dans les dépotoirs d’ordures au Caire. On connaît l’histoire de l’Abbé Pierre et les chiffonniers d’Emmaüs. Le Père Frank qui vit maintenant en Australie a partagé le sort des pauvres à Manille. Par amour pour les pauvres ces personnages saints voulaient partager leur vie et leur faire savoir qu’ils étaient aimés.

On connaît bien l’histoire de la Mère Teresa. Religieuse institutrice dans une école pour jeunes filles de familles aisées, elle a quitté le couvent pour aller dans les rues de Calcutta prendre dans ses bras les mourants abandonnés dans les ruisseaux, et les laver et les nourrir et leur donner un abri. Pas grand-chose, mais ces pauvres gens connaissaient enfin l’amour. Bien qu’ils ne se sentaient guère plus dignes que les ordures où ils vivaient, ils savaient enfin qu’ils étaient aimés.

La tradition chrétienne annonce que c’est par amour que Jésus est venu en ce monde où se trouvent le beau et le laid, la joie et la honte. Jésus était capable de vivre parmi nous parce qu’il connaissait l’amour de celui qu’il appelait ‘Père’, avec ce sentiment d’intimité et de tendresse qui existent entre un père et son enfant. C’est cet amour que nous célébrons à Pâques, cet amour qui pénètre dans les profondeurs de l’âme. Ce ne sont pas les lapins et le chocolat que nous célébrons, les œufs et les écureuils, si mignons soient-ils. La fête nous touche plus intensément. L’amour pascal nous émerveille, et nous transfigure. L’amour est une fenêtre qui s’ouvre sur les horizons immenses de l’éternité. La Mère Teresa savait aimer car elle se sentait aimé par le Christ Jésus qui est venu dans ce monde partager l’amour qui dépasse le monde et auquel nous sommes tous conviés. Que les signes de l’amour donnés ce Pâques vous embrasent le cœur. Que la paix et l’amour soient toujours avec vous.

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