The secret of the confessional? The Royal Commission.

 

The secret of the confessional?

Homily at St Brigid’s, Healesville on 17 December 2017

Today’s Gospel tells us that John the Baptist came as “a voice crying in the wilderness”, crying out the good news, announcing that someone was coming, someone so great that even he, John the Baptist, was not worthy to be his servant and undo the strap of his sandals. The Baptist gives no further details, but in the first reading the prophet Isaiah tells us that the one who is coming will “bring good news to the poor, bind up hearts that are broken, proclaim liberty to captives and freedom to those in prison”. (Is 61:2) This teaching is at the centre of our Christian life; we are suffused with the good news of Jesus Christ and we listen joyfully to it.

Yet, just yesterday, 16 December, we heard bad news. The report of the Royal Commission into Child Sex Abuse was delivered to the Governor General. It tells of the incredible number of cases of abuse perpetrated by priests and religious, men and women, over months and years. We listen with horror; we are appalled at what has been done. Moreover, we have also heard of the failure of our leaders to believe the complaints of the victims. They were not listened to. Rather, the perpetrators were given the opportunity to go on and commit more crimes.

The Report contains some 189 recommendations. Two of these have been highlighted by the media. Firstly, that any reporting of abuse during confession must be reported by the priest to the authorities; and secondly that the Church should abandon the practice of compulsory celibacy. With regard to the celibacy: it could be changed with a stroke of the pen. Time and pastoral prudence will tell what must happen here. With regard to the other: it is not possible to break the seal of confession, for this would be sacrilege. But what comes under the seal of confession?  There are different opinions in this regard. It is important to note, nevertheless, that the priest is not obliged to give absolution. He can refuse if necessary. He could, for example, require the person first to confess to the police and suffer the consequences. Given the many aspects of this difficult matter, priests need to be given further instruction and education. There are no easy answers.

We have heard the good news. Listening means speaking. Those who hear good news will wish to speak up for those who are unable to speak. We are the voice of the voiceless. We speak for the those reduced to silence. We speak up and become their voice.  We speak up and cry out against injustice in all its forms.

John the Baptist tells the people that the Christ stands among them but unknown to them. He stands among us but not unknown to us. He always stands among us, he is always present to us. We have been sensitised by the Gospel, the good news, and so we are enabled to listen more and more deeply; we hear him more and more clearly, as we listen in depth. We take pleasure in hearing his voice in each other’s voice. We take pleasure in hearing each other’s voice in his voice. There is one Voice.

In the reading from the First Letter to the Thessalonians St Paul tells us to be happy at all times. Even though we have been shocked and deeply saddened by the sorry tale of abuse, we are still able to be happy since our happiness comes from him and from each other who are with him and in him.

Isaiah goes on to say that, “the Lord will make both integrity and praise spring up in the sight of the nations”. (Is 61:11) Happiness gives birth to happiness.

 

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2010, Radio SBS. Noel, L’enfant impuissant parmi les puissants

2010, Radio SBS. Noel, L’enfant impuissant parmi les puissants

L’histoire est bien connue. Jésus est né à Bethlehem alors que les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux homes qu’il aime ». La Terre Sainte avait bien besoin de la paix à cette époque car la mésentente régnait partout. Les Romains méprisaient les Juifs qui de leur part haïssait ceux qui avaient envahi la terre promise à leur ancêtre, Abraham. Mais les Juifs se battaient entre eux. Le roi, Hérode le Grand, détestait son peuple qui de sa part l’abominait. Les Sadducéens et les Pharisiens s’opposaient violemment au sujet de la doctrine. Les Zélotes se formaient en groupes terroristes pour combattre les Romains qui de leur part étaient soutenus par une prêtrise bien indigne de leur office. Partout il y avait dispute et désaccord.

C’est dans ce milieu scindé que l’Enfant Jésus est né, cet Enfant que l’ange déclare comme Messie, Christ et Seigneur. Il est un enfant impuissant parmi les puissants, mais il finira par conquérir le tout-puissant Empire Romain qui trois siècles plus tard se déclarera chrétien. Ce n’est pas par les armes que cet Enfant sera vainqueur mais par la vérité de ses paroles, par l’exemple de sa vie, par la grâce de sa mort et la gloire de son ascension.  N’est-ce pas étonnant ? Comment se fait-il ? C’est parce que la vérité finit toujours par gagner. Jésus, devenu adulte, va déclarer qu’il faut aimer l’ennemi et prier pour ceux qui vous persécutent, rendre le bien à celui qui vous fait tort. C’est par la faiblesse de sa parole que Jésus remportera la victoire sur les forts.

De nos jours on voit le même désaccord dans tout le Proche Orient, où les problèmes semblent nous dépasser. Il y a mésentente entre les juifs et les musulmans, entre les extrémistes juifs et ceux qui cherchent la paix ; entre les musulmans terroristes et ceux qui cherchent un accord. Même entre les chrétiens il y a le désarroi. De fait, au mois d’octobre passé les évêques du Proche Orient se sont réunis au Vatican. Ils ont franchement admis les brouilles et les rivalités. Ils s’inquiètent aussi du départ accélérant des chrétiens. Si cet exode continue, la Terre Sainte deviendra un simple musée. Les lieux de pèlerinages resteront mais les pierres vivantes, c’est-à-dire les chrétiens, auront disparu. Le désastre est proche. Les évêques et le pape avec eux crient à haute voix que les conflits, les guerres, la violence et le terrorisme ont duré bien trop longtemps. Ils font appel à la paix. La paix est urgente, disent-ils, la paix est indispensable.

L’enfant né à Bethlehem est toujours là, faible, cet Enfant signe de l’espoir.

Mais qu’en est-il de nous-mêmes ? La paix règne-elle dans nos cœurs, dans nos familles. Dans la banlieue où j’habite les diverses églises, anglicane, baptiste, catholique, Uniting Church, nous avons préparé une carte de noël qui sera placée dans toutes les boites aux lettres de nos paroisses. La carte pose la question « La paix sera-t-elle chez vous à noël ? et cite le prophète Isaïe qui proclame « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom Conseiller-merveilleux, … Prince de Paix, … (Is .9.5). » Car la paix ne provient pas uniquement de la gestion économie, ou des armements, mais de l’esprit. La paix qui dure vient d’en haut, d’au-delà de cet univers. La paix est un don qui se manifeste dans le cœur comme par magie, tout comme l’enfant Jésus est né secrètement dans le silence de l’étable. L’amour est à l’origine de cet univers ; l’amour est le destin de l’univers. De même la paix se situe au début et nous comble à la fin. Que cette paix se fasse sentir chez vous et les vôtres ce noël. Que la paix du Christ soit toujours avec vous.

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2010, Radio SBS, Pâques, « la foule hurle, ‘crucifie-le, crucifie-le’ »


2010    Radio SBS     Pâques, « la foule hurle, ‘crucifie-le, crucifie-le’ »

Ce Vendredi Saint, dans toutes les églises du monde catholique on entendra le récit de la passion selon Saint Jean. On entendra dire que les ennemis de Jésus le font comparaitre devant Ponce Pilate, le gouverneur romain, et l’accusent vivement. Pilate le fait flageller. Après que les soldats l’ont bafoué et humilié, Jésus sort du palais, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Pilate proclame alors : « Voici l’Homme ! »  Le gouverneur ne sait pas ce qu’il dit. Il dit plus qu’il ne sait. Il n’utilise pas le mot grec aner qui signifie un homme, un mâle, mais le mot anthropos qui signifie un être humain. Pilate dit en effet : ‘Voici l’Etre Humain, voici l’humanité entière.  Voici celui qui prend la place de toute l’humanité, celui qui s’identifie à tous, celui qui est l’avenir de chaque personne.’ La scène est émouvante. En effet, on voit en Jésus tous les hommes et les femmes meurtris, humiliés, condamnés. De même en chaque personne mal traitée on voit la personne de Jésus. Ils ne font qu’un. C’est l’incarnation.

La foi chrétienne proclame que Jésus a choisi de venir en ce monde. S’il veut partager la condition humaine il ne peut pas refuser les malheurs des hommes. Il lui faut connaître l’injustice et l’outrage. Un messie qui refuserait la souffrance n’est pas le vrai messie. Il serait ridicule. Il faut que le messie souffre avec l’humanité souffrante et leur donne l’espoir par sa présence même. Voilà la grandeur de cette âme que nous célébrons à pâques.

Jésus se tient là devant la foule. Si nous étions là nous-mêmes, que verrions-nous ? Saurait-on voir la compassion et la liberté d’âme, l’esprit et l’amour dans ce visage enlaidi par les coups, les cheveux ensanglantés. Saurait-on voir le Dieu qui l’a envoyé, le Dieu compatissant. Mais non, la foule hurle, ‘crucifie-le, crucifie-le’. Quel tressaillement d’horreur devait passer dans l’âme de Jésus en entendant ces mots affreux.

Pilate, impressionné par le calme de Jésus, lui demande ‘d’où es-tu’. Mais Jésus ne lui répond pas. Inutile de répondre car Pilate est incapable de comprendre l’origine de Jésus. Pilate est incapable de voir cet Homme, ce Dieu-homme, cet envoyé de Dieu.

Au début de ce mois, une conférence sur l’athéisme a eu lieu à Melbourne. Ce fut un grand succès. Entre deux et trois mille personnes y ont assisté. J’accueille vivement leurs points de vue qui sont utiles et nécessaires, car ils nous font réfléchir et nous empêchent de ‘s’endormir’ dans la foi, pour ainsi dire. Mais j’aurais à demander aussi de ma part, est-ce les athées se laissent interroger par le récit évangélique. Sont-ils comme Ponce Pilate qui ne sait pas voir celui qui se tient devant lui ? Dieu, leur refuse-t-il sa parole parce qu’ils refusent de l’écouter.

Il s’agit à pâques et à tout moment d’écouter les points de vue différents, et surtout d’entendre le cri des blessés.  De cette façon la vue du Dieu inconcevable nous deviendra claire. Que cette fête de pâques nous ouvre les yeux et nous donne la paix.

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2009, Radio SBS, Noël et athéisme

 

2009, Radio SBS, Noël et athéisme

Nous étions peut-être cinq mille personnes venues du monde entier, Bouddhistes, Musulmans, Hindous, Juifs, Chrétiens de toutes les Eglises. Nous-nous étions réunies à Melbourne pour le Parlement des Religions du Monde. Pendant six jours il y avait un sentiment de joie et de paix, je dirais même une exaltation, comme si nous participions à la naissance d’un monde nouveau. Au siècle passé on était sûr que les religions allaient disparaître face aux développements en éducation, technologie, démocratie etc. Rien du tout. Par contre André Malraux a écrit le mot célèbre ‘le vingt-et-unième siècle sera religieux ou il ne sera pas’.

Le Dalai Lama, Sri Ravi Shankar, la Sœur Joan Chittester, Hans Kung, Tariq Ramadan, le Père Laurence Freeman, sont venus avec bien d’autres personnages bien connus. Il fallait choisir entre cinq cent programmes. Parmi toutes ces religions et toutes ces personnes estimables je me demandais comment situer le Christ dont on célèbre la naissance en ces jours de noël ? Quel est le rôle du Christianisme ? Je reviendrais à ces questions.

Entre deux sessions du Parlement je suis sorti avec un ami prendre une tasse de café.  Nous avons aperçu au comptoir un homme qui commandait des boissons pour ses amis. Sur son veston on voyait les mots ‘Société athée’, ‘Atheist Society’. Je l’ai invité donc venir s’assoir avec nous quelques instants. On a causé bien amicalement pendant quelques minutes et il nous a laissé savoir que la Société athée désirait organiser une conférence en deux mille dix pour contrecarrer ce Parlement des Religions du Monde. Ensuite je lui ai demandé quel était en somme le but de la ‘Société athée’. Il a répondu très franchement que le groupe désirait détruire l’Eglise Catholique. Quelque peu surpris, j’ai demandé pourquoi. ‘Parce que l’Eglise est trop puissante’ était sa réponse. Puisqu’il fallait rejoindre le Parlement, j’ai exprimé le désir de pouvoir continuer cette conversation l’année prochaine. Je lui ai ensuite envoyé un message par internet et j’attends sa réponse.

De fait, à noël nous célébrons la naissance d’un enfant né dans une famille pauvre, mis au monde dans une étable, membre d’un peuple méprisé. Devenu adulte il déclare qu’il est venu servir, et il commande à ses disciples de faire de même. Il leur commande aussi d’aimer leurs ennemis et de bénir ces qui les haïssent.  Il présente son corps comme nourriture et son sang comme boisson. Il sera condamné et crucifié. Il est seigneur précisément parce qu’il est serviteur. De fait il est le serviteur universel, celui qui est universellement vulnérable. Telle est la proclamation chrétienne

C’est pour cela qu’on peut s’approcher de l’enfant Jésus sans peur. La clameur du monde fait place au silence du berceau, la mangeoire de paille. Ce ne sont pas le grand prêtre et le gouverneur romain qui reçoivent l’annonce du ciel. C’est aux bergers que l’ange proclame « aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur ».

Jésus Christ est né parmi les hommes pour en être le centre et le cœur. Ce qui rassemble tous les peuples et toutes les religions est un enfant. Ce n’est pas une idée ou un bien matériel qui donnera la paix au monde, mais ceux qui suivent une personne, cet enfant né à Bethlehem, crucifié à Jérusalem et ressuscité, cet être où l’on perçoit l’humanité entière aussi bien que la plénitude divine. Telle est la foi chrétienne. Telle est la raison de cette fête.

Que cette joie du ciel s’installe chez vous en cette fête. Que vous soyez vous même une bonne nouvelle. Que la paix soit avec vous et les vôtres. Amen.

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2009, Radio SBS, Pâques, Le parfum

2009, Radio SBS, Pâques, Le parfum

Six jours avant sa mort, Jésus se trouve chez Marthe et Marie et leur frère Lazare que Jésus avait ressuscité des morts quelques jours auparavant. L’évangile de Saint Jean nous raconte : Marie prend « une livre d’un parfum de nard, de grand prix, et oignit les pieds de Jésus ; et la maison s’emplit de la senteur du parfum. » La scène est belle. Judas, celui qui va trahir Jésus, proteste, mais Jésus réplique en disant que Marie devait garder ce parfum pour le jour de sa sépulture. Car en effet, Jésus, par manque de temps, ne fut pas enseveli dans le tombeau entouré de déodorants selon la coutume juive qui cherchait à masquer l’effluve de la mort.

Tous ces détails ont un sens plus profond. Jésus n’a pas besoin de fragrances parce que chez lui il n’y a rien de pourri. Il est sans péché. Il connaît la mort, mais il ne reste pas chez les morts. La foi chrétienne proclame depuis toujours que Jésus ressuscite le troisième jour, avant même que les femmes n’arrivent au tombeau pour oindre le corps de Jésus selon la coutume. Tel un parfum – cette essence exquise des fleurs – Jésus remplit le monde de sa présence. Il n’est pas enfermé ici ou là. Il déverse sa grâce sur la terre entière.

En effet, le nom de Jésus est prononcé partout dans le monde. Il n’y a pas un pays, à peine une ville où le souvenir de Jésus mort et ressuscité ne soit pas apprécié. De plus, il y a à l’heure actuelle deux milliards de chrétiens au monde, c’est-à-dire deux mille millions. Sur le front de chacun de ces deux milliards, on a versé l’eau du baptême. Il y a effectivement sur cette terre un arrosement sans arrêt des eaux baptismales, les eaux de la grâce. Le nard que Marie a versé sur les pieds de Jésus prévoit la pluie de bénédiction sur le monde jusqu’à la fin des temps.

Ce qu’on célèbre cette Paque, c’est l’espoir ! Les crises du monde actuel qui semblent s’entasser sans arrêt, pourraient bien nous faire désespérer. Le bonheur, est-il possible, ce bonheur sans fin et sans limite ? Ne finira-t-on jamais avec le mal ? L’odeur malsaine de la corruption et des scandales dont on lit de nouveaux exemples chaque jour dans les journaux, sont-ils capables d’éliminer le parfum de la bonne nouvelle. Mais non !

Les obsèques de la Sœur Emmanuelle ont eu lieu dans la Cathédrale de Notre Dame à Paris, il y a quelque mois. Le Président Sarkozy y assista. La Sœur Emmanuelle a vécu pendant de bien nombreuses années parmi les pauvres dans les champs d’ordures du Caire. On a vivement reconnu sa sainteté. La puanteur des immondices ne pouvait pas masquer l’odeur de sa sainteté. Elle nous laissait percevoir le parfum de Jésus qui emplit l’univers et rend ce monde infiniment agréable.

Prions donc que le parfum de Paques se fasse sentir chez nous ; que le parfum du nard qui emplit la maison où vécut Lazare et ses sœurs nous rende capable d’apprécier tous les parfums du monde ; que les relents malsains qui peuvent nous affliger ne masquent jamais le parfum de l’espoir. Que la joie et le parfum de cette Paque restent avec nous, tous les jours de notre vie.

 

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2008, Radio SBS,  Noel, Les cadeaux

Lunar Eclipse, Supermoon

2008, Radio SBS,  Noel, Les cadeaux

C’est l’heure des achats. On réfléchit, on se dépêche, on achète. Quel sera le don qui plaira à mon enfant, à mon mari, à ma femme. Sera-t-elle contente ? Verra-t-elle à quel point je l’apprécie, combien je l’aime, à quel point je voudrais l’aimer. Voilà peut-être quelques unes des réflexions qui auront lieu, à cette époque. Car nous sommes à l’heure des dons. On présente le cadeau, on se présente soi-même. On espère être reçu en même temps que le don est accepté. C’est la saison de l’amitié. Il se peut aussi, que la fête renforce de nouveau le manque d’accord dans la famille. C’est la saison de l’amertume aussi.

Les origines de cette fête se trouvent loin dans le passé. On pense à la fête de Saint Nicolas ou à la Sainte Catherine lorsque, dans le temps, on présentait des cadeaux aux garçons et aux fillettes. On pense aussi à la galette des rois qui contenait les pièces d’argent en souvenir des rois mages qui sont venues apporter au Christ nouveau-né de l’or, de l’encens et du myrrhe. De fait ils payaient le tribut. Ils imitaient les ambassadeurs qui chaque année apportaient au roi des rois, c’est-à-dire le roi des Perses qui furent les premiers au monde à fonder un empire – ces ambassadeurs, dis-je, lui présentaient les plus beaux produits de leur pays. De nos jours on les voit encore, ces ambassadeurs, sculptés sur les marches du grand palais de Persépolis.

Les rois mages présentent leurs dons à Jésus non pas comme s’il en avait besoin. Ils lui font hommage. Ils apportent de l’or parce qu’ils savent bien que le Nouveau-né est le roi du monde entier ; ils présentent l’encense pour adorer l’Enfant en tant que le saint de Dieu ; le myrrhe fait voir que l’Enfant sera sacrifié.

Mais c’est Marie qui donne au monde son enfant. Elle le pose dans la mangeoire pour montrer qu’il sera la nourriture des hommes. Elle sait, de façon instinctive, qu’il dira un jour ‘Prenez et mangez, car ceci est mon corps’, et ‘Prenez, buvez, car ceci est la coupe de mon sang’.

Noël est la saison des dons. Les mages paient leur tribut, Marie fait don de son enfant, Jésus se donne lui-même, sa chair et son sang. Mais finalement, et suprêmement, c’est Dieu qui fait le don. Il envoie Jésus dans le monde. L’intelligence chrétienne enseigne que Jésus est l’enfant né pour tous, l’enfant donné au monde entier. Il est le plus grand des dons. Une grâce inexprimable.

C’est parce que Dieu lui-même est don. La Trinité des Personnes, cet enseignement si beau et si surprenant, nous permet de comprendre que les Divines Personnes se donnent l’une à l’autre éternellement. Dieu est don.

En présentant nos dons à ce que nous aimons on perçoit bien faiblement la communion même de la saint Trinité, nous faisons part à l’être même de Dieu. On commence à comprendre que tout est grâce, tout est don.

Je prie donc, ce monde, votre vie même, vos chers amis, votre famille, vous seront de nouveau révélés comme une grâce, et que cette grâce vous permettra d’entrevoir la grâce divine. Que la paix soit avec vous et les vôtres.

 

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2008, Radio SBS, Pâques, « Nous sommes tous pèlerins »


2008, Radio SBS, Pâques, « Nous sommes tous pèlerins »

Au mois de juillet prochain, vingt-cinq mille jeunes catholiques arriveront à Melbourne de l’étranger. Ils viennent en pèlerinage. Ils vont se joindre à vingt-cinq mille autres jeunes de Melbourne et passeront quelques jours dans notre ville. Plusieurs d’entre eux se réuniront au Federation Square avec les jeunes des autres églises chrétiennes et des autres religions: juive, bouddhiste, musulmane, hindoue, sikh, bahaï, etc. tous accueillis par les aborigènes, les premiers à invoquer le nom divin dans ce vaste continent. Là, au centre de notre ville, cette assemblée multiculturelle et multi religieuse de jeunes s’engagera à l’œuvre de la paix. Les cinquante mille jeunes assisteront à une Messe célébrée le vendredi soir, le 11 juillet, dans le Telstra Dome et seront envoyés à Sydney.

Ces quelques jours à Melbourne sont comme les premiers pas du pèlerinage à Sydney pour la journée mondiale de la jeunesse. Le 20 juillet une demi million de jeunes se réunira à l’hippodrome de Randwick pour la Grande Messe célébrée par le Pape Benoît Seize qui fut le premier à s’inscrire comme pèlerin.

La journée mondiale de la jeunesse se passe tous les trois ou quatre ans. A Cologne en Allemagne en l’an deux mille cinq, un million et de demi de jeunes se sont réunis au Marienfeld pour célébrer la Messe ; à Rome en deux mille, l’année de jubilée, ils étaient deux millions ; à Paris trois ans plus tôt un million de jeunes se sont réunis dans le Champs de Mars pour célébrer la Masse avec Jean Paul Deux. Et ainsi de suite. C’est parce que les jeunes veulent se réunir et s’inspirer par ce qu’il y a du plus beau et du plus vrai et nous communiquer leur espoir.

Nous sommes tous pèlerins. Jeunes et vieux nous frayons notre chemin, dans la joie et dans la douleur.

A Pâques aussi nous célébrons un pèlerinage : celui de Jésus. L’évangile nous enseigne qu’il est venu du ciel nous faire part de sa bonne nouvelle. Librement il s’est fait homme pour séjourner sur la terre et partager le sort de tous les hommes. Comme juif il faisait le pèlerinage à Jérusalem chaque année pour célébrer la grande fête. Il a parcouru les chemins de Galilée pour faire savoir au peuple choisi que leur destin ne se limitait pas à ce qui est visible, mais qu’un destin, qui englobe ce monde et dépasse ce monde, les attendait, une joie que nul ne peut imaginer ou concevoir. Expulsé de Jérusalem, la ville saint, il fut élevé sur la croix. Il a continué son pèlerinage : il est descendu aux enfers pour se faire compagnon de tous les morts et les libérer de la mort. Il fut ressuscité du tombeau le troisième jour et il est monté au ciel nous chercher l’Esprit Saint de Dieu. Jésus était bien conscient de l’ampleur de son pèlerinage. Il l’a bien dit à ses apôtres juste avant d’entrer dans sa passion : la Paque est le moment où il passe de ce monde au Père.

Nous sommes tous pèlerins. Voila la bonne nouvelle de Pâques. Nous ne sommes pas ensevelis dans un moment limité de l’histoire où dans un lieu circonscrit de l’espace. Le cœur, par la grâce du Christ, est capable de s’élargir et d’accueillir le monde entier. L’esprit humain, animé par l’Esprit Saint de Dieu, s’étend de toutes part dans l’univers et atteint le ciel même.

Apres la Grande Messe à Randwick. Les jeunes pèlerins, rassemblés de toute l’Australie et du monde entier, repartiront chez eux. Quels seront les souvenirs qu’ils retiendront? Les chemins qu’ils poursuivront dans la vie seront bien différents après cette expérience remarquable.

Que cette Pâque soit pour vous aussi un moment de libération. Que l’expérience du Christ vous donne la force de faire de grands pas en avant dans votre pèlerinage de la vie. Que vous puissiez arriver là où joie et paix s’installent en définitif dans l’esprit. Que la joie du ressuscité soit toujours avec vous.

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