2002, Devant l’Enfant nous retrouvons notre enfance. SBS, Message de Noël

ZZZ

2002

Message de Noël

Devant l’Enfant nous retrouvons notre enfance.

Les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre a ceux qu’il aime. » Mais le monde actuel semble dépourvu de paix. Les armées se massent, les stratégies se décident. Il y a un sentiment de terreur de toutes parts. Les bombes explosent et les larmes sautent aux yeux. On a du mal à entendre le chant des anges. Où donc est la paix?

Mais l’enfant est né. Dans l’étable d’un village, Bethlehem, dans une province méprisée, dans ce coin du vaste empire romain, l’enfant dort, Jésus le nouveau-né dont le sommeil fait contraste saisissant avec les légions romaines.

Les armées d’antan et leur vacarme terrible ont disparu, mais les chrétiens par millions dans le monde entier se réunissent autour de leur sauveur posé sur le foin de la mangeoire. Même ceux qui ne partagent pas le secret des chrétiens se réunissent en famille. Ils cherchent la chaleur humaine et se présentent des cadeaux en gage d’amitié. Les Musulmans aussi, suivant leur tradition, vénèrent la naissance de Jésus qu’ils reconnaissent comme un des grands prophètes ; ils vénèrent Marie et sa virginité.

Le récit de la naissance de Jésus commence avec l’empereur César Auguste qui commande le recensement du monde entier. On peut imaginer l’affairement des bureaucrates. Tout est mis en branle. Mais le récit attire notre attention sur le couple Joseph et Marie qui partent sur Bethlehem et s’installent dans l’étable parmi les animaux qui seuls ont le privilège de voir naitre le roi du monde. On a oublié l’empereur et ses légions. Les hommes qui entourent l’empereur l’obéissent prestement, mais c’est aux bergers que l’ange annonce le vrai sauveur du monde, l’enfant, Prince de vérité.

Moi et vous qui m’écoutez nous sommes des gens bien simples. Que peut-on faire en ce monde si souvent hostile? Eh bien, nous pouvons nous remodeler à l’image de l’enfant nouveau-né, fils de David, fils de Dieu. Il est le foyer de la paix, lui l’inconnu et l’impuissant. Le monde désire paix et réconciliation. Nous pouvons établir cette paix au plus profond de nous-mêmes. En contemplant l’enfant Jésus qui dort, nous sentons naitre en nous-même la tranquillité. En voyant l’ enfant fragile, nous apprenons la douceur. En remarquant le silence qui entoure l’enfant, le calme s’installe dans nos propos. La faiblesse même de Jésus nouveau-né est une force remarquable d’attraction. Devant l’enfant nous retrouvons notre enfance et notre espoir.

Dans un monde tourmenté nous serons des foyers de paix. Que la paix s’installe en chacun et en chaque famille cette Noel et que la paix soit avec nous tous pour les siècles des siècles. Amen.

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2001. Elle a chuchoté les mots ‘paix, amour’. ZZZ. Message de Pâques.

ZZZ

11 avril, 2001

Message de Pâques

Elle a chuchoté les mots ‘paix, amour’.

Je pense à une dame de la paroisse qui est morte avant-hier matin. Elle a connu la joie et la souffrance. Au moment de mourir elle a demandé à ses enfants de s’approcher tout près d’elle parce qu’elle voulait leur dire quelque chose de très important, et avec son dernier soupir elle a chuchoté les mots ‘paix, amour’. C’était son testament, la leçon d’une vie.

Les dernières paroles d’une personne, ses derniers instants sont parmi les plus précieux car ils révèlent le cceur et l’esprit.

Ainsi, les évangiles nous présentent les derniers instants de la vie de Jésus et ses dernières paroles. Pour les soldats qui le clouent à la croix il prie « Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font. » Au bon larron il dit, « Amen, je te le déclare, aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Au monde entier il dit « Tout est accompli, » l’œuvre du salut est achevé. Car sur ses lèvres reviennent toujours les mots ‘paix’, ‘amour’.

Jacques Désiré Laval fut l’apôtre de Maurice. Il a quitté les conforts de sa Normandie natale et les redevances de sa profession comme médecin pour s’enfouir parmi les pauvres travailleurs du sucre qu’il aimait tant. Chez lui aussi c’était l’amour et la paix.

Le vendredi saint, pendant la cérémonie de l’après-midi le prêtre soulève la croix et proclame : « Voici le bois de la Croix qui a porté le salut du monde » car le vendredi saint est une fête du corps, le corps de Jésus meurtri, le corps qui deviendra source de vie pour nos corps bien trop mortels. Le corps de Jésus bafoué nous attendrit et nous invite instamment à respecter le corps de tous les hommes. Le corps vierge de Jésus né de la vierge Marie sera pour nous une nourriture. Le sang de Jésus est rependu sur la terre, ce sang que nous buvons pour satisfaire à toutes nos soifs. Le corps de Jésus donne une value infinie à notre chair faible, malade, mortelle. Le corps de Jésus sera le model même de notre transfiguration éternelle.

En adorant la croix ce vendredi saint, respectons aussi la chair de notre voisin car cette chair sera notre juge dans le monde à venir. Dans la chair toutes les expériences, tous les mots, tous les souvenirs et les rencontres sont cachés. Jésus est mort sur la croix mais il ressuscite le troisième jour et son corps glorieux porte les traces de ses souffrances. De même nos propres corps seront ressuscités à la fin des temps pour révéler tout ce qui y a été vécu. Laissons donc dans le corps de chacun les traces d’un souvenir heureux qui nous dira éternellement, ‘amour, paix’.

Que votre corps soit comblé de joie cette Pâques !

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1998. Quelle est la lumière qu’il a fait briller en nous ? Messe du Victorian Mauritian Pastoral Council

Messe du Victorian Mauritian Pastoral Council

Veille de Noël 1998

St Mary’s, East St Kilda

Quelle est la lumière qu’il a fait briller en nous ?

En ces jours-là parut un édit de l’empereur Auguste ordonnant de recenser toute la terre. Oui, il fut grand, cet empereur. Après deux cents ans de guerre civil il a rétablit la paix. Il fit mettre dans la grande place publique de Rome des plaques de bronze qui étalaient ses victoires et ses réformes.

Mais en ces jours-ci nous ne célébrons pas cet empereur. Il aurait été bien surpris de savoir que deux mille ans plus tard on l’a presque oublie et que nous fêtons la naissance d’un bébé sans pouvoir, sans position sociale, un enfant pauvre, né dans une étable sale.

L’empereur n’en sait rien mais les anges du ciel chantent sa naissance. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » C’est lui, l’enfant et non pas l’auguste empereur qui donne la paix. C’est l’enfant qui sauve le peuple, non pas l’empereur et ses armées. Cette nuit est merveilleuse, pleine de clarté, de chants et d’ espoir et nous en sommes émus. L’enfant Jésus dort dans la paille a côté de sa mère Marie. Il ne parle pas mais il est le Verbe de Dieu. Il ne connait pas un mot mais il sait tout. Il ne dit rien et nous laisse parler.

Arrêtons-nous quelques instants ce soir devant lui et disons ce qui nous tient le plus au cœur. La prière devant l’Enfant sera honnête. Il nous exaucera car il est la promesse de Dieu et il nous sauve.

Il est la faible, impuissant. Il dépend absolument de Marie et de Joseph. Et nous avons le cœur plein. Le Fils de Dieu se rend faible pour nous laisser la possibilité d’être utile à Dieu même.

Les empereurs sont nombreux. En politique, dans l ‘Église, dans la famille il y a beaucoup qui se croient chef. Ils aiment le pouvoir. Ils veulent avoir raison. Ils n’écoutent pas. Ils veulent tout régler, tout dire. Ils se croient puissants mais ils se trompent. Celui qui n’ écoute pas verra qu’on ne lui fait plus attention. Ce noël en vos réunions de famille, écoutez non seulement ce qui est dit mais surtout ce qu’on aimerait dire mais qu’on ne sait pas ou n’ose pas dire. Écoutez l’âme qui parle. Celui qui ne nous invite pas à parler, fut-il évêque, prêtre ou pape, n’aura rien à dire. Celui qui tait les autres se tait lui-même. Ce noël donnez une chance à vos prochains de s’exprimer et de prendre part aux décisions. Soyez comme l’enfant Jésus qui reste tranquille et nous écoute et nous comprend. Les sans-voix ont raison.

L’enfant Jésus endormi près du bœuf et de l’âne ne fait rien, ne connait rien mais il est tout. En lui et pour lui furent crées toutes choses. De même pour nous. Dieu, qu’est-ce qu’il a fait de nous ? Quelle est la lumière qu’il a mise en nous. Quelle est l’émotion religieuse qui nous habite. Quelle connaissance de lui-même at-il placée dans notre âme. De quelle façon sommes-nous le Verbe de Dieu?

En cette fête de noël nous célébrons l’enfant Jésus né à Bethlehem. Nous adorons cet enfant en devenant comme lui. Soyons donc simples, soyons pauvres, soyons attentifs. Alors l’Enfant ouvrira les yeux. Il va nous reconnaitre et nous ouvrira les bras pour nous bénir et nous accepter prés de son cœur. Au moment où nos cœurs se touchent, nous verrons le cœur du Père et nous chanterons d’allégresse.

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1998. On sait que la vie n’est pas absurde. SBS-Radio. Message de Noël.

SBS-Radio

1998

Message de Noël

On sait que la vie n’est pas absurde.

On dit que la France est le pays le plus visité du monde. Soixante-sept millions de touristes chaque année. Et de tous les lieux de ce beau pays, le plus fréquente n’est pas le Musée du Louvre, ni la Tour Eiffel, ni le Centre Pompidou mais la Cathédrale de Notre Dame. Douze millions de visiteurs chaque année, un million par mois. Chiffre surprenant. Quelle en est la raison. Les visiteurs veulent entrer dans ce joyau de pierre et en admirer les voûtes et faire partie des évènements historiques qui se sont déroulés dans la nef. Est-ce aussi parce qu’ils veulent entrer clans un lieu saint. Veulent-ils, pour quelques instants, devenir pèlerins. Peut-être.

Je suis revenu justement d’avoir fait un pèlerinage au Mont Kailash, la montagne sacrée des Hindous et des Bouddhistes, montagne de toute beauté qui s’élève dans le Tibet occidental. Nous nous sommes mêlés aux familles tibétaines pour faire le tour de cette pyramide enneigée haut de plus de 6000 mètres. On ne peut entrer dans cette montagne comme on entre dans Notre Dame mais on peut la contourner et y puiser de la grâce. De même, les musulmans font pèlerinage à la Mecque et gravissent l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem tandis que les Juifs viennent du monde entier prier face aux fondations de l’immense Temple qu’a bâti Hérode.

On veut faire pèlerinage parce qu’on sait que la vie n’est pas absurde. La vie mène quelque part, dans un lieu de beauté et de grâce. En fin de compte on ne veut arriver ni à une montagne ni à un bâtiment si magnifique soit-il. On veut de tout cœur trouver une présence d’amour, chez qui la sagesse et la joie débordent. On veut y demeurer sans question.

A cette époque de Noël, nous fêtons les rois pèlerins, les Mages, qui ont quitté leur pays natal et sont venus s’agenouiller clans une simple maison, devant le Nouveau-né, Jésus tenu sur les genoux de la Vierge Marie. Le Mont Kailash, les lieux saints de Jérusalem et Notre Dame de Paris sont des témoins silencieux. Mais l’Enfant Jésus va ouvrir la bouche et nous parler. Celui qui est le Verbe de Dieu nous fait approcher de Dieu, le mystérieux, le compatissant. Les rudes soldats envoyés trente ans plus tard pour arrêter Jésus reviendront dire: « Jamais un homme n’ a parlé comme cet homme. » Et le centurion qui se tenait en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, s’écria « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. »

Jésus le nouveau-né, sorti de la chair douce de Marie, ouvre les bras et nous invite à venir en pèlerinage non seulement vers lui mais aussi vers tous les enfants du monde, car chaque enfant est un lieu saint. Il nous invite à venir en pèlerinage à notre prochain parce que tout homme est capable de sainteté. Jésus s’incarne en chaque personne. En cette cinquantième anniversaire des droits universels de l’homme, nous sommes chargés de respecter les droits de tous.

Que la paix de Jésus, l’enfant de la Vierge, le Fils de Dieu, l’ami universel, soit avec vous tous.

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1998. Vous êtes bienheureux. Messe du Père Laval

Messe du Père Laval

13 Septembre, 1998

St John Vianney, Mulgrave

Vous êtes bienheureux.

Je vous regarde, gens de Maurice, et je vois chez vous une franchise, une courtoisie, une joie qui me touchent. Vous un avez un sens spirituel, un réalisme, un caractère religieux évident. Cela fait impression. D’où vient ce don merveilleux? Rendons grâce à Dieu de qui vient toute lumière. Je vous félicite d’avoir accepté le don du ciel les bras ouverts. Vous êtes les bienheureux parce que parmi vous a vécu le bienheureux Jacques Désiré Laval. Vous êtes ses enfants et son esprit se trouve chez vous.

Le Père Laval a quitté son pays natal, la belle Normandie où il aurait pu mener la vie en douce. Il est venu habiter l’Ile Maurice, cette émeraude de l’Océan Indien. Il est venu se mêler aux affranchis. En principe les travailleurs de l’ile n’étaient plus esclaves. L’ordonnance numéro 1 de l’an 1835 leur a rendu la liberté. Mais de fait, lorsque le Père Laval débarque six ans plus tard, il les trouve moralement et psychologiquement sauvages, toujours esclaves des grandes familles. En raison d’une immense pitié, le Père Laval les choisit de préférence. Le prophète Isaïe s’écrie à son égard: « Comme il est beau de voir courir sur les montagnes le messager qui annonce la paix, le messager de la bonne nouvelle, celui qui vient dire ‘Il est roi, ton Dieu’. » Le Père Laval n’aura rien à faire avec les grandes familles de Maurice qui se moquent de la religion et maltraitent leurs ouvriers. Les riches colonisateurs se moquent de lui et font tout pour détourner leurs serviteurs de l’ espérance de la foi. Le bienheureux Jacques cherche les plus démunis. Il dit dans une lettre écrite peu près son arrivée, « Je vis retire dans un petit pavillon où je reçois mes pauvres Noirs. Je n’ai visité encore chez personne de riche, mais seulement auprès des pauvres malades. . .. Le ministère ici c’est la même chose que l’exercice au milieu de cette pauvre et misérable population de Paris; ce sont les mêmes vices. »

De cette façon, le Père Laval a poursuivi l’exemple de notre Seigneur Jésus Christ qui est descendu du ciel pour notre salut. Il fut né dans une étable. Il a vécu la plupart de sa vie dans l’obscurité du petit village méprisé de Nazareth.

Pendant vingt-trois ans, le tiers de sa vie, le Bienheureux Jacques fait preuve de la grâce divine. Il visite la prison, il instruit les baptisés, il leur enseigne le Notre Père, le Je vous salue Marie, la profession de foi, les actes de contrition, de foi, d’espérance et de charité ; il explique les commandements, il réconcilie, il célèbre les mariages, il enterre les morts. Il enseigne le catéchisme jusqu’à dix heures du soir. Il pose ainsi un fondement solide. Les Mauriciens ont un sens religieux bien ancré. Le Père Laval aurait pu dire avec St Paul: « C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis arrivé chez vous. Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain …. Parmi vous je ne qu’ai rien voulu connaitre d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. »

Il a bien réussi. Ces jours-ci, à Maurice, on vient par milliers, par des centaines de milliers, se rassembler à Sainte Croix, autour du tombeau du Père Laval. Dans le monde entier, là où les Mauriciens sont partis s’installer, on célèbre la Messe du Père Laval. C’est parce que, Mauriciens, vous savez qu’il vous a aimé avec un amour divin, un amour héroïque. Vous savez que vous êtes aimés, et cela vous remplit de joie et de confiance et d’une légitime fierté. Vous savez que Jacques Désiré a désiré votre bien et donc que le Christ désire votre bien et donc que Dieu, l’origine et la fin de tout, se complait en vous. Jacques Désiré est bienheureux, vous aussi, donc, vous êtes bienheureux.

L’Ile Maurice est un carrefour. Les gens y sont venus du monde entier, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, de la Chine. Je cite d’un livre qui s’intitule Les cent soixante-dix-sept années du Bienheureux Laval. Je cite,

« Laval instruit les siens de telle sorte que d’un bond ils enjambent toute rancune et toute violence pour se situer là où autrui est notre prochain … Aussi trouverait-on peu de groupes humains mieux immunisés contre la xénophobie. Et leur sympathie était assez vaste pour inclure non seulement l’Europe mais l’Asie …. Les familles créoles qui accueillirent les vagues d’ immigrants ne leur demandaient pas, ‘D’où venez-vous ?’, mais ‘Qu’allez-vous faire?’ »

Qu’allez-vous faire, Mauriciens venus en Australie. Vous êtes les bienheureux du bienheureux Laval. Faites part de ce bonheur à l’Australie. Ce pays d’adoption a besoin de votre foi. Le Père Laval est déclaré bienheureux parce qu’il s’est fait pauvre parmi les pauvres. Enfants de Père Laval, ne cherchez pas à accumuler les biens terrestres en ce pays riche mais conservez votre liberté d’ esprit. Vous savez que vous êtes aimés – voilà votre plus grande richesse. Faites savoir à tous les Australiens que vous les appréciez et que Dieu est bien disposé envers eux. Le Père Laval fut un artisan de la paix. Soyez-vous mêmes artisans de la paix, non seulement dans la communauté mauricienne mais dans toute la société. Les rivalités bien normales ne doivent jamais se dégrader pour devenir des rancunes. Bienheureux les doux. Montrez à toute la douceur mauricienne que Jacques Désiré a tant appréciée. Montez la courtoisie de votre belle île tropicale où le soleil est chez lui. Soyez miséricordieux et de cœurs purs.

Il y bien des années j ‘ai célèbre la Messe du Père Laval en cette Église. A cette occasion j’ai suggéré qu’un buste ou une image de Père Laval soit installé. Et voilà qu’il est honoré en ce pays lointain. Cela est juste et bon. Aujourd’hui je vous propose une chose nouvelle: de montrer au peuple australien l’esprit qu’il a su déposer en vous. Soyez-vous même les images du Bienheureux Jacques Désiré Laval. Cela vous portera un bonheur éternel.

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1998, Ne soyons donc pas muets ! SBS-Radio, Message de Pâques

SBS-Radio

1998

Message de Pâques

Ne soyons donc pas muets !

Très souvent depuis ces derniers mois, depuis même des années, on critique sévèrement Pie Douze qui était pape pendant la deuxième guerre mondiale. On le critique à cause de son silence. Pourquoi n’a-t-il pas condamné les abus effroyables commis contre les polonais, les juifs, les romanis et tant d’autres dans les terres envahies par les nazis. On accuse Pie Douze d’être lâche, collaborateur, antisémite, hypocrite.

Ce n’ est pas à moi de défendre le Pape. J’ aimerais parler du silence.

Dans la tempête la voix se perd. Pense-t-on vraiment que les armées allemandes auraient cessé le feu à la suite d’un discours papal ? Déjà, après la Première Guerre Mondiale on refusé d’écouter au Pape Benoît XV qui demandait aux vainqueurs de se montrer clément envers les vaincus. De nos jours qui prête l’oreille aux avertissements de Jean-Paul II. La clameur du combat étouffe la voix raisonnable et fidèle. Aux oreilles des Nazis, parler de justice serait inviter de pires injustices, comme ce qui s’est passé en Hollande. C’est le martyre de la Parole.

En ces jours de la Semaine Sainte, nous célébrons la crucifixion de Jésus, la Parole de Dieu. Lui, le Verbe en qui tout fut créé, est devenu chair et cette chair fut clouée à la croix. Condamné, mis à nu, Jésus cesse de parler. Certes, il prononce quelques phrases, mais seuls les soldats et les femmes tout près de lui peuvent l’entendre. Il ne parle plus à la foule qui l’entoure et qui se moque de lui parce qu’il est impuissant. Le Verbe est muet. On le traite en charlatan. On s’écrie: « Qu’il descende de la croix s ‘il est le Bien-aimé de Dieu! »

Mais il fallait que la Parole connaisse le silence. Jésus, Dieu homme, veut connaitre le bien et le mal, le haut et le bas, la clarté et l’heure des ténèbres. Jésus veut se faire solidaire des sans-voix, des isolés, des impuissants. Il se veut méconnu. Il veut faire partie des plus pauvres, c’est-à-dire de ceux qui ont perdu même le droit de s’exprimer et qui, de ce fait, se sentent ne plus êtres humains. Il se laisse envahir par le désespoir. Il va au tréfonds. Il s’écrie en hébreu, « Eli, Eli lama sabachthani, » « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné. » Il est capable de partager le sort des vaincus parce qu’il possède au plus profond de lui-même une vie inébranlable que seul le dénuement le plus complet peut mettre à jour. Cette Semaine sainte est sombre et glorieuse en même temps.

On n’accepte pas le silence de Pie Douze. Ne soyons donc pas muets devant les injustices de nos jours. On se réjouit que la France soit la première nation à déclarer les Droits de l ‘Homme. On se réjouit que l ‘Union Européenne soit de plus en plus un instrument de la paix. Que chaque personne proteste contre les injustices en ce pays où nous vivons, contre le traitement des aborigènes, la xénophobie, l’inégalité des richesses, le matérialisme qui veut faire de Paques une fête du chocolat. Mais on sait qu’il y a des moments dans la vie où l’on peut ne rien faire, ne rien dire, des circonstances où le silence et le temps sont la seule solution.

Lorsque Jésus fut mis au tombeau on croyait avoir fini de ses paroles et de ses actes. Le Samedi Saint est une journée qui m’est insupportable. C’est le vide, le creux. Mais j’ attends, et puis vient le Dimanche de Pâques. La vie du Christ est indomptable. Jésus a subi le pire et il s’en est sorti. Mieux encore, il en tire un avantage. Si le mal est un avantage au bien, le mal est bien impuissant.

A la Messe de Pâques on récite un poème que je cite:

« La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.

Le Maitre de la vie mourut; vivant, il règne.

Dis-nous, Marie Madeleine, qu’ as-tu vu en chemin?

‘J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscite.

J’ ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements.’ »

Le poème se termine avec une prière: « Roi victorieux prends-nous en pitié. Amen. »

Que la vie indomptable du Christ vous encourage cette Pâques et vous bénisse.

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Le Millenium, Messe du Victorian Mauritian Pastoral Council, 1999

Messe du Victorian Mauritian Pastoral Council

24 décembre, 1999

St Mary’s, East St Kilda

Le Millenium

Partout dans le monde les gens se préparent à célébrer le millenium. Le champagne sera bu en quantité record, il y aura feux d’ artifice et spectacles, bien qu’on ne soit pas d’accord quand exactement le millenium ne commence ni où. C’est parce qu’on veut célébrer le temps et les cycles du cosmos.

Les anciens romains comptaient le temps d’après la fondation de leur ville alors que les révolutionnaires français le calculaient d’ après l’ évènement politique qui eut lieu en mille sept cents quatre-vingt-neuf. L’ère chrétienne par laquelle le monde entier compte le passage du temps est calculé d’après la date présumée de la naissance de Jésus. De fait on ne sait ni l’année ni le jour de cette naissance mais on sait que Jésus fut né et on sait ce qu’il est. On date notre ère d’après le moment où le Verbe s’est fait chair, de sorte que sa naissance occupe le centre de l’histoire. Toute l’histoire de l’univers s’est passée avant cette date où se passera après cette date. Je cite la belle antienne du deuxième dimanche après la nativité: « Alors qu’un profond silence enveloppait toutes choses et que la nuit en était au milieu de son cours, ta Parole toute-puissante, Seigneur, est venue du ciel, ta demeure royale. »

Approchons-nous donc de cette Parole toute-puissante placée sur de la paille.

L’enfant est né dans le temps pour sanctifier le temps. Le Verbe s’est fait chair pour sanctifier la chair humaine. Il a grandi comme tous les enfants pour faire voir que tout ce qui est humain est précieux à Dieu. Il a ri de joie et a versé les larmes pour partager ainsi le sort humain. Il est mort pour nous accompagner là où nous ne voulons pas aller. Il s’est incarné dans le temps pour nous mener hors du temps. Il est venu nous donner la joie. L’ ange le dit aux bergers: « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple: Aujourd’hui vous est né un sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. »

Nous avons besoin d’un sauveur. On veut aimer mais souvent on ne sait pas comment. On veut trouver le mot juste mais il nous échappe. Nous voulons que notre vie ait été utile à quelqu’un mais on ressent trop l’absurdité de nos gestes. Qui va sauver nos souvenirs, nos espoirs intimes pour qu’ils ne disparaissent pas à jamais ? La naissance de Jésus nous promet notre renaissance. « Aujourd’hui vous est né un sauveur. » C’est pourquoi nous sommes pleins de joie et de paix. Célébrons le millenium bien sur qui se passe dans le temps et nous laisse dans le temps. Célébrons surtout le bi-millenium de la naissance de Jésus qui sanctifie le temps et nous introduit dans le présent éternel qui ne tarit jamais.

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