2004, Radio ZZZ, Christmas, Jesus the refugee  

   2004   Radio ZZZ , Noel, Jésus l’exilé                            

On parle beaucoup ces jours-ci au sujet des réfugiés qui traversent l’océan indien par bateau chercher un asile en Australie. Ils viennent en grand nombre de l’Afghanistan, de l’Iran, de l’Iraq et ailleurs à tel point qu’on ne sait pas exactement quoi faire. Sont-ils légitimes ou non ?

Ces refugiés nous rappellent, à un certain point, le cas de Jésus lui-même qui a connu l’exil.

On connaît l’histoire. Hérode le Grande, roi de Judée, averti par les rois mages craint la naissance à Bethlehem du roi des juifs. Hérode, il faut le savoir, a fait assassiner sa propre femme et trois de ses fils de peur qu’ils ne lui usurpent le trône. Joseph, averti par l’ange, prend Marie et l’enfant nouveau-né et part immédiatement pendant la nuit pour l’Egypte, à travers les déserts qui séparent le Nil de la Terre Sainte. Jésus connaît donc, très jeune, la peur et l’exil. Il connaît le dépaysement et le désarroi des réfugiés. Mis en danger, il connaît la peur de la façon confuse des enfants qui pleurent sans savoir pourquoi. Lui le Verbe fait chair connaît la détresse humaine.

Mais à la différence de tous les hommes, il a choisi de venir en ce monde apeuré. Il est venu du ciel, nous dit la foi chrétienne, partager le sort des hommes. Nous célébrons donc ce noël la compassion du Fils de Dieu qui veut partager nos souffrances humaines pour nous en libérer. On ne saurait croire en un Messie qui ne connait pas la tristesse du monde.

Lorsqu’on se recueille devant la crèche construite dans toutes les églises et installée dans beaucoup de foyers chrétiens, on s’approche de l’enfant qui vient parmi nous, comme une fleur dans le désert, gage de tendresse, compatissant, qui partage notre condition humaine et nous assure le salut. Il vient parmi nous pour nous libérer de la peur et nous conduire là où se trouve notre foyer authentique, au sein du Père éternel. Il vient en cette vallée de larmes pour nous donner le bonheur qu’il manifeste en sa propre chair toute fraiche. C’est lui le jardin du paradis, la fontaine de jouvence, le lieu d’asile. Il nous fait entrevoir l’amour du Père.

Après la mort d’Hérode, donc après un séjour plus ou moins long en Egypte, Joseph ramène Marie et Jésus en Terre Sainte, mais il n’ose pas s’installer à Bethléem car Archélaos, fils d’Hérode, est maintenant roi en Judée, tyran maléfique comme son père. Joseph part loin dans le nord du pays s’installer à Nazareth, petite bourgade sans aucun intérêt à l’époque.

On peut de se demander quel accueil la sainte famille reçut en Egypte comme à Nazareth ? Car les exilés sont vulnérables. Ils ignorent les coutumes, on se méfie d’eux.

L’Australie peut se vanter à bien des égards, mais la gloire principale de notre pays est d’avoir reçu des gens de toutes les nations et de toutes les races du monde. Nous formons en général un pays harmonieux et souvent sans préjugés.

Nous fêtons à cette époque la naissance de Jésus, exilé du ciel, exilé de la Terre Sainte, exilé de Bethléem. Lorsqu’on rencontre un exilé, Jésus nous demande de le recevoir avec douceur. Il nous dira le jour du jugement : ‘J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. … Venez, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.’

Je souhaite à tous et à toutes un noël de paix et de joie.

 

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2004, Radio SBS, Christmas, Silence


2004 SBS           Noël – Silence  

Il y a quelques jours on s’est réuni, nous les paroissiens des Eglises catholique, anglicane, baptiste et Uniting Church, sur la pelouse près des magasins du ‘Concourse’ à Beaumaris. On s’est réuni pour raconter ensemble notre histoire, c’est-à-dire la bonne nouvelle de notre Enfant, Jésus né de la Vierge Marie. Comme dit le prophète Isaïe : «Oui ! Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ». Et un grand silence est descendu sur nous, au milieu de la bagarre des magasins.

Cela me rappelle la visite des bergers. Vous connaissez l’histoire. La nuit où Jésus fut né dans l’étable à Bethlehem, les chœurs célestes se manifestent et l’ange du Seigneur annonce aux bergers la grande joie pour tout le peuple: « Le Christ, le Sauveur est né. » Les bergers se hâtent et trouvent l’enfant avec Marie et Joseph. Devant Lui les bergers se taisent. Plus besoin de rien dire. Tout a été dit, car l’Enfant est le Verbe révélateur et sa présence manifeste le Dieu qui dépasse tous les mots. Voici le paradoxe de Noël : l’Enfant qui ne dit rien révèle tout. C’est aux bergers, hommes rustres, que la bonne nouvelle est annoncée. Tout est grâce.

C’est avec raison qu’on chante «Douce nuit, sainte nuit ». Le silence est le caractère principal de cette fête ; silence et humilité. On n’entre dans le mystère de Bethlehem qu’en devenant humble et calme, car les puissants de la terre sont faibles devant la puissance divine De fait, de nos jours encore, pour entrer dans la basilique de la Nativité à Bethlehem il faut se courber, car la porte est basse et étroite. Elle fuit construite de cette façon pour empêcher les orgueilleux cavaliers d’entrer dans la basilique à cheval. Pour célébrer la Noël il faut se convertir et devenir enfant, simple, le cœur et l’esprit ouverts, capables d’émerveillement.

Je reviens justement de la cour, c’est-à-dire du Victorian Civil and Administrative Tribunal, où le Juge Michael Higgins a déclaré ce matin en faveur du Conseil Islamique de Victoria qui a porté plainte contre un groupe fondamentaliste chrétien qui, au jugement du Magistrat, a diffamé l’Islam. Des représentants des Eglises catholique, anglicane et protestante ainsi que des membres du Judaïsme progressif et leur rabbin y ont assisté et se sont mis en solidarité avec les Musulmans. Il me semblait que l’esprit de Bethlehem s’établissait de nouveau dans notre groupe rassemblé en paix et amitié.

De nos jours on peut craindre le mois de décembre: la saison folle. Mais les gens veulent se réunir en famille pour trouver l’harmonie et la grâce. On ne sait pas toujours comment y parvenir. C’est pourquoi Jésus nouveau-né commence déjà, alors même qu’il dort, à bouger ses lèvres. Bientôt, lui la Parole de Dieu, commencera à apprendre la langue de son peuple et trouver les mots par lesquels il pourra révéler le chemin à suivre pour trouver ce bonheur qui seul peut satisfaire. Devenu adulte il dira – « Bienheureux les pauvres … bienheureux les doux et ceux qui ont soif de justice, bienheureux ceux dont le cœur est pur. » « Aimez-vous, les une les autres. » « Aimez vos ennemis … souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent ». Voilà la vraie puissance, la joie authentique.

Que la paix silencieuse de l’étable taise le bruit des guerres et le fracas de la vie actuelle. Que cette paix s’établisse au plus profond de votre âme et devienne un puits de silence d’où surgiront en vous les mots de bénédiction pour tous ceux qui vous aborderont cette année. Que la paix soit avec vous tous.

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2004 SBS Radio, Easter, The Eye,

2004 Radio SBS, Pâques, L’œil

Le filme de Mel Gibson, La Passion du Christ, est fortement discuté à l’heure actuelle. Les uns protestent contre la brutalité extrême du filme. D’autres en sortent très émus. Mel Gibson présente les évènements selon ses propres idées – il est à la fois poète et cinéaste et on sait que le filme ne remplacera jamais le récit évangélique qui reste, depuis deux mille ans, le médium le plus puissant.

Je n’entre pas dans la controverse, mais j’aimerais signaler ce qui m’a frappé le plus dans ce filme, c’est-à-dire l’œil de Jésus, je veux dire bien sûr de l’acteur qui joue le rôle de Jésus. L’œil droit est à demi clos à la suite d’un coup sur le visage, mais l’œil gauche fait voir l’intelligence de Jésus qui sait exactement ce qui se passe et l’accepte volontiers. On y voit le regard clair, souffrant mais calme et limpide car Jésus sait bien que tout ce qui se passe est voulu par Dieu et Jésus lui-même le veut aussi.

Le thème de l’œil est annoncé dès le début du filme qui montre une partie de l’icône russe célèbre de la Vierge, tout juste l’œil gauche et le nez. C’est comme si l’œil de Marie mère de Jésus se transmettait à son fils, l’œil de la connaissance.

Nous les spectateurs, nous supportons mal la vue d’une telle souffrance. Elle nous épuise et on veut en finir. Mais on sait que même de nos jours ces scènes se répètent. L’homme est maltraité par l’homme. La torture se pratique en nombre de pays. Si ce filme réussit à nous faire comprendre ce qu’est la torture et nous incite à protester contre cet abus, il aura bien réussi.

Nous célébrons ces jours-ci le mystère pascal de la mort et de la résurrection de Jésus. Sa passion n’est pas un accident mais est choisi; elle n’est pas un évènement politique mais religieux. Les évangiles sont bien clairs à cet égard. La mort de Jésus n’est pas une liquidation mais un sacrifice, non pas un malheur mais le salut rédempteur.

Le peuple saint, l’empire romain, les disciples aussi et l’humanité entière y sont impliqués. Si tous sont impliqués, tous en bénéficient.

De nos jours aussi chacun est responsable en quelque sorte de la condition de chaque homme. On ne peut plus détourner le regard et protester qu’on n’y a rien à voir. Le malheur du plus inconnu me touche aussi. Mon regard sera-t-il indifférent ou intelligent, dur ou compatissant. Car l’œil révèle l’âme et la clarté qui nous habite éclaircit le monde que nous habitons.

Enfin, Jésus meurt et à l’instant-même de sa mort, dans ce filme de Mel Gibson, c’est comme si une larme tombait du ciel. Gibson, poète, suggère par là que c’est Dieu qui pleure son Fils bien-aimé. L’avant-dernière scène du filme nous présente Marie qui tient son fils dans ses bras et qui nous regarde, ses yeux pleins de douleur et d’intelligence. Parmi tous les participants de ce drame c’est elle seule qui comprend vraiment ce qui se passe et le partage pleinement.

Mel Gibson a du mal à présenter la résurrection, mais comment présenter cinématiquement ce qui dépasse l’imagination humaine ! On voit du dedans le tombeau la pierre qui se détache. C’est comme si l’œil s’ouvrait. L’heure des ténèbres est finie et la clarté du jour remplit le tombeau. Jésus qui, selon le crédo est Lumière née de la Lumière, qui fut pour un temps réduit au néant, revit. Il a tout vu, et le bien et le mal, et le ciel et les enfers. La connaissance plénière se trouve maintenant chez le Dieu-homme et se communique à la terre entière.

Le filme de Mel Gibson, et je n’insiste pas sur ses défauts, peut nous rappeller ce que les chrétiens célèbrent à Pâques. Que la clarté et la joie du Ressuscité demeure chez vous et illumine chaque aspect de votre vie. Que notre regard soit à jamais compatissant et calme.

 

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2003, SBS Radio, Easter, Transcending life and death

2003   SBS     Pâques

 Le Pape Jean-Paul II a souvent dit qu’une guerre contre l’Iraq en les circonstances actuelles serait injuste. Tous les chefs de toutes les Eglises ont enseigné la même chose. Ils ne se mêlaient pas à la politique ; ils parlaient uniquement du point de vue moral. Mais on écoute peu les prophètes.

Les armées américaines, britanniques et australiennes ont remporté la victoire militaire, mais les conséquences sont à craindre.

A peu près cent ans avant la mort de Jésus, le célèbre général romain, Pompée le Grand, a conquis la Syrie et a pris la ville de Jérusalem. Bien que des roitelets tel que Hérode semblaient régner, le vrai pouvoir restait avec Rome. Le people juif résistait, sournoisement ou par des émeutes, à l’occupation romaine, mais inutilement car l’emprise des légions était formidable.

Jésus vit donc sous le joug romain et son enseignement doit être compris tout d’abord en ce contexte. Hospitalier à tous, il se mélange même avec les pécheurs et les publicains, c’est-à-dire avec les collaborateurs du pouvoir romain. Il dit à ses disciples, “quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends lui encore l’autre; veut-il … prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau; te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui” (Matt.5.39-41). “Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs.” (Matt 5.44)

Jésus est capable d’enseigner ainsi parce qu’il transcende la vie et la mort ; il en est le maître. Il se connaît, et il laisse entendre qu’il est Fils de Dieu, Lumière née de la Lumière. Jésus sait bien le danger qu’il encourt en enseignant ainsi. On le condamnera comme blasphémateur. Les évangiles nous rapportent qu’il prévoit clairement son sort, et qu’il le choisit. Il se sacrifie car il sait que sa mort, c’est-à-dire l’anéantissement du plus saint et du plus juste sur la terre, achèvera le salut de monde. Nous abordons le mystère pascal qui révèle le rapport étroit et paradoxal entre le bien et le mal, le péché et la grâce, la vie et la mort.

Jésus est donc levé à la vue de tous sur la croix. Immobilisé par les clous et couronné d’épines il semble vaincu et abandonné même par le Dieu de son people. Mais son Dieu le veut ainsi et Jésus le veut ainsi. Il sait que l’homme pécheur a soif du sang. L’homme veut voir le sacrifice pour se soulager du fardeau du péché. Jésus veut que cette vue horrible suffise à notre besoin.

Il faut donc, et surtout à l’heure actuelle, contempler l’image de Jésus crucifié, en saisir toute l’horreur et par ce fait retrouver la paix. Le cœur humain redevient alors compatissant et doux. On ne veut plus blesser et meurtrir. S’il faut faire violence pour éviter une pire violence, c’est avec le cœur lourd et par nécessité absolue. La guerre juste est possible mais rare. La Pâque est la fête de la paix. Nous prions donc, avec tout notre cœur que la paix se répande sur le Moyen Orient et surtout sur Jérusalem, la ville où l’œuvre de la paix fut achevé. Que la paix soit aussi en vos cœurs et chez les vôtres cette semaine sainte.

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2003, Radio ZZZ, Christmas, The vulnerable Child, the victorious Child

   2003, Radio ZZZ, Christmas,          

Les anges chantent “Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre à ceux qu’il aime”. Mais le monde actuel semble dépourvu de paix. Les armées se massent, les stratégies se décident. Il y a un sentiment de terreur de toutes parts. Les bombes explosent et les larmes sautent aux yeux. On a du mal à entendre le chant des anges. Où donc est la paix?

Mais l’enfant est né. Dans l’étable d’un village, Bethléem, dans une province méprisée, la Judée, dans ce coin du vaste empire romain, l’enfant dort, Jésus le nouveau-né dont le sommeil fait contraste saisissant avec les légions romaines. Mais où sont les armées d’antan et leur vacarme terrible? Ils ont disparu, mais les chrétiens par millions dans le monde entier se réunissent autour de leur sauveur posé sur le foin de la mangeoire. Même ceux qui ne partagent pas le secret des chrétiens se réunissent en famille, ils cherchent la chaleur humaine et se présentent des cadeaux en gage d’amitié. Les Musulmans aussi, suivant leur tradition, vénèrent la naissance de Jésus qu’ils reconnaissent comme un des grands prophètes, ils vénèrent Marie et sa virginité.

Le récit de la naissance de Jésus commence avec l’empereur César Auguste qui commande le recensement du monde entier. On peut imaginer l’affairement des bureaucrates. Tout est mis en branle. Mais l’évangéliste tire notre attention sur le couple Joseph et Marie qui partent sur Bethléem et s’installent dans l’étable parmi les animaux qui seuls ont le privilège de voir naître le roi du monde. On a oublié l’empereur et ses légions. Les hommes qui entourent l’empereur l’obéissent prestement mais les armées innombrables du ciel chantent la paix; l’ange annonce aux bergers le vrai sauveur du monde, l’enfant, Prince de vérité.

Moi, et vous qui m’écoutez, nous sommes des gens bien simples. Que peut-on faire en ce monde si souvent hostile? Eh bien, nous pouvons nous refaire à l’image de l’enfant nouveau-né, fils de David, fils de Dieu. Il est le foyer de la paix, lui l’inconnu et l’impuissant. Le monde désire paix et réconciliation. Nous pouvons établir cette paix au plus profond de nous-mêmes. En contemplant l’enfant Jésus qui dort, je sens naître en moi la tranquillité. En voyant l’enfant fragile, j’apprends la douceur. En remarquant le silence qui entoure l’enfant, le calme s’installe dans mes propos. La faiblesse-même de Jésus nouveau-né est une force remarquable d’attraction. Devant l’enfant je retrouve mon enfance et mon espoir.

Dans un monde tourmenté nous serons des foyers de paix. Que la paix s’installe en chacun et en chaque famille cette Noël et que la paix soit avec nous pour les siècles des siècles. Amen.

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2003    SBS Radio    Christmas, Mary links Muslims and Christians    

Marie réconcilie les musulmans et les chrétiens

Nous avons invité quelques Musulmans de l’Australian Intercultural Studies à venir assister à la messe la veille de noël dans notre paroisse. Ils ont accepté avec plaisir car eux aussi vénèrent Jésus et sa mère, la Vierge Marie. D’une certaine façon noël est leur fête aussi.

La messe commencera par l’accueil de nos amis musulmans et se déroulera suivant le rite usuel. A la fin de la cérémonie un des leurs dira quelques mots, sans doute pour témoigner de leur vénération envers Jésus. Après la Messe les paroissiens et nos amis musulmans descendront dans la maison paroissiale pour prendre le thé.

Les Musulmans vénèrent Marie, la seule femme nommée explicitement dans le Koran. D’ailleurs les femmes en Egypte prennent Marie autant que Fatima, fille de Mahomet, comme modèle du comportement féminin. Le Koran décrit l’annonce faite à Marie par l’ange Gabriel et proclame la naissance virginale de Jésus qui, nouveau-né, adresse la parole à ceux qui veulent attaquer sa mère. Jésus leur dit: “Dieu m’a rendu doux envers ma mère et non pas insolent ou maudit. Pour cette raison la paix est sur moi le jour où je suis né, le jour où je mourrais et le jour où je sera rendu à la vie.”

Bien sûr la différence est grande entre le récit évangélique et le récit coranique, on le sait bien. Dans le Koran Jésus est un prophète envoyé proclamer la Parole de Dieu alors que selon l’Evangile Jésus est lui-même la parole de Dieu, le Verbe fait chair. L’ange annonce aux bergers que Jésus est sauveur et Messie. Le choeur céleste chante : “Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime”. Jésus est emmailloté comme signe que, à la fin de sa vie, après avoir souffert pour le salut des homes, il sera enveloppé dans un linceul. Marie dépose son Enfant dans la mangeoire pour indiquer qu’il deviendra pour nous le Pain de la vie.

Les différences ont provoqué, hélas, bien des malentendus qui, liés à la politique, ont mené à la guerre. Il est temps de refuser ce lien et de reconnaître plutôt ce qui nous unit. Car Musulmans et Chrétiens adorent le même Dieu d’Abraham. Musulmans et Chrétiens reconnaissent l’obéissance de la foi comme la vertu principale et le source de toutes les vertus théologales. Dans le Koran comme dans l’Evangile de Luc la naissance de Jésus est accompagnée par une proclamation de paix.

Que cette paix nous soit donnée à tous. Que les Musulmans et le Chrétiens oeuvrent ensemble pour établir la paix dans un monde tant accablé par les convoitises et les rancunes.

J’aimerais terminer en citant un vers fort joli de Rumi, poète soufi qui a vécu en Perse au Moyen Age. Il chante:

 

La douleur que je ressens pour lui, Jésus,

est un trésor caché en mon coeur.

Mon coeur est clarté ajoutée à la clarté,

Car Marie, la belle, porte Jésus dans son sein.

 

Que cette clarté habite en vos coeurs cette noël.

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2003, Radio SBS, Christmas homily

2003    SBS    Noël               

Les enfants de l’école primaire de la paroisse ont peint des tableaux et composé des textes au sujet de Noël lesquels nous avons affichés sur les murs de l’église. On y voit la fraîcheur de la jeunesse et de leur imagination débutante, mais les textes nous touchent d’une autre façon aussi. Tous parlent de la paix et de la peur. Une jeune fille, Jessica, a composé les paroles suivantes et je cite: “La paix est le bonheur du monde. Quand je pense à la paix j’imagine tous les dirigeants, les leaders, du monde se réunir pour se prendre par la main. Quand je vois les enfants jouer ensemble je me demande pourquoi tout le monde ne peut pas être comme ça. Ô Bon Dieu, que la paix s’établisse au monde.” Ces propos touchants nous invitent à la conversion, à la redécouverte de notre enfance, pour mettre fin aux conflits et savoir de nouveau jouer joyeusement ensemble. C’est le sens-même de la Noël qu’on célèbre ces jours-ci.

On connaît bien l’histoire Le récit commence avec l’empereur César Auguste qui avait établi la paix romaine, la pax romana, à force d’armes. Il commande le recensement de toute la terre. On peut imaginer l’empressement des gens qui se mettent vite à la tâche. Aussi Joseph et Marie sont-ils obligés de quitter Nazareth dans le nord du pays et se rendre à Bethléem dans le sud. C’est là que le Messie va apparaître, non pas à dos de cheval comme les rois et les empereurs mais nouveau-né et posé sur le foin d’une mangeoire. Le contraste entre l’empereur du monde et le sauveur du monde est on ne peut plus saisissant, car l’enfant Jésus ne sait rien, ne peut rien. Il dort, entouré par les animaux qui seuls ont eu le privilège de voir naître le roi du monde. César Auguste commande ses légions, mais à la naissance du Verbe divin, les armées innombrables du ciel chantent: “Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.” Les chrétiens par millions dans monde entier se réunissent à cette époque pour célébrer la naissance de leur enfant, Jésus fils de Marie, fils de Dieu alors que César Auguste est plus ou moins oublié. Même ceux qui ignorent le secret chrétien s’échangent voeux et cadeaux et se réunissent en repas d’amitié. L’enfant Jésus, tout comme Jessica, la jeune fille de l’école primaire, nous invitent à retrouver le paradis de notre enfance. Plus tard, Jésus, adulte, va révéler à ses disciples que le royaume de Dieu appartient aux enfants. De fait, en contemplant l’enfant divin qui dort je retrouve la tranquillité. Devant son silence paisible, le calme envahit mes propos. En voyant sa faiblesse je redeviens sensible.

Le récit continue. Les bergers, avertis par l’ange, se rendent à l’étable où ils trouvent l’enfant emmailloté placé là où les animaux viennent manger. Marie est là et Joseph. A la lueur d’une lampe, comme dans le tableau de Georges de la Tour, ils contemplent l’enfant, le don de Dieu au monde, prince de la paix, qui déjà alors-même qu’il dort, se prépare à prononcer les paroles: “Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, … priez pour ceux qui vous diffament.”

Chers amis, je prie que la paix de Jésus nouveau-né s’installe chez vous et les vôtres; que le calme de Bethléem se trouve à Melbourne et que la paix de Noël se propage sur toute la terre. Amen

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